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Barack Obama esquisse une stratégie de réélection face à de forts vents contraires

Le président Barack Obama, en parcourant les Etats-Unis de long en large afin de vanter son plan pour l’emploi, esquisse une stratégie de remobilisation de son camp démocrate pour tenter de décrocher une réélection en 2012 malgré de forts vents contraires.

De Seattle à Denver en passant par Los Angeles, M. Obama s’est démené en trois jours de tournée dans l’Ouest afin d’exhorter son parti à se mettre en ordre de marche à 13 mois de la présidentielle, mais aussi en attaquant de front ses adversaires républicains. Le président paraît ainsi prendre acte du fait qu’il ne pourra pas rééditer sa stratégie gagnante de 2008, quand il avait triomphé du républicain John McCain en rassemblant au delà de son camp grâce à un message oecuménique qui avait séduit les indépendants et même certains conservateurs.

Dans un scrutin où la participation fait souvent la différence, convaincre les démocrates de se mobiliser en masse “est à peu près la seule stratégie politique qu’il lui reste”, affirme à l’AFP John Straayer, professeur de sciences politiques à l’université publique du Colorado (ouest). Cette stratégie avait été empruntée avec succès par le républicain George W. Bush en 2004.

Après un été marqué par une guerre de tranchées avec les républicains en position de force au Congrès au sujet du relèvement du plafond de la dette, le président a acéré ses critiques contre le camp adverse, mettant en sourdine des appels à la coopération restés selon lui lettre morte. Mis le dos au mur par le chômage persistant et une croissance anémique sans perspective d’amélioration à court terme et qui l’empêchent de faire campagne sur une reprise de l’économie, M. Obama a accusé dimanche les républicains de vouloir adopter des politiques qui “handicaperaient les Etats-Unis face aux défis du XXIe siècle”.

Alors que ses adversaires n’ont pas encore choisi leur champion pour novembre 2012, M. Obama s’est même mêlé des primaires, en relevant que les spectateurs d’un débat républicain avaient hué un soldat homosexuel et applaudi à l’idée de voir un homme mourir sans assurance maladie. “Cela ne reflète pas ce que nous sommes”, a lancé M. Obama, assurant que la présidentielle constituerait “un choix sur le cap décisif que prendra notre pays”. Mobiliser les démocrates veut aussi dire cultiver le soutien des groupes votant en majorité pour ce camp: les habitants des campagnes, la classe moyenne, les Hispaniques et les Noirs. A ces derniers, M. Obama a promis samedi de “continuer à oeuvrer” au changement, mais il les a aussi exhortés à “cesser de (se) plaindre” et de “enfiler leurs chaussures de marche”.

La victoire de M. Obama en 2008 avait été attribuée au soutien qu’il avait obtenu auprès des électeurs indépendants. Les sondages ont montré que ce groupe s’est depuis détourné du président, mais qu’il est globalement favorable à une hausse de la fiscalité pour les plus riches, défendue par M. Obama pour financer en partie ses mesures de relance de 447 milliards de dollars. L’approche plus populiste du président pourrait séduire certains indépendants, remarque Tony Robinson, enseignant à l’université du Colorado. “Il est considéré comme un président faible (…) c’est ce qui repousse les électeurs du centre”, assure cet expert.

Etant donné le système électoral américain, M. Obama va devoir remporter la majorité des suffrages en Floride (sud-est) et dans l’Ohio (centre), des Etats qu’il visite assidûment. Mais gagner la Virginie (est) et justement le Colorado s’avèrerait précieux pour parvenir aux 270 votes de grands électeurs nécessaires afin de se maintenir à la Maison Blanche pour quatre années supplémentaires.

 

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