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Barack Obama face aux critiques de ses alliés

Les concessions que Barack Obama risque de devoir faire aux républicains, en particulier sur les cadeaux fiscaux de l’ère Bush, lui valent de violentes critiques de son camp et trahissent l’affaiblissement d’un président dont la marge de manoeuvre s’est réduite.

En plein débat au Congrès sur la prolongation des allégements fiscaux expirant le 31 décembre, les grandes lignes d’un compromis se sont dessinées, la Maison Blanche acceptant selon des élus de reconduire ces cadeaux fiscaux pendant deux ans, y compris pour les plus riches, en échange d’une extension des allocations pour deux millions de chômeurs. Ces dernières ont expiré fin novembre en l’absence d’accord de républicains enhardis par leur victoire aux législatives de la mi-mandat, alors même que les assemblées issues de cette consultation, dont le centre de gravité sera bien plus conservateur, ne commenceront à siéger que début janvier. Certains démocrates, assimilant l’attitude du président à une capitulation, ont manifesté leur révolte. “Pourquoi jouons-nous toujours sur la défensive? Battons-nous sur le terrain”, s’est ainsi ému le représentant de New York Anthony Weiner dans un “message au président” sur son compte Twitter. L’influent éditorialiste Frank Rich, dans l’édition de samedi du New York Times, a estimé que M. Obama souffrait du “syndrome de Stockholm”, dans lequel le captif épouse les idées de ses ravisseurs. “On dirait qu’Obama a laissé tomber sa capacité d’agir, de décider ou de penser”, a-t-il ironisé, en pointant l’annonce par M. Obama d’un gel des salaires dans la fonction publique, qui n’a pas, selon M. Rich, amadoué les républicains.

M. Obama a reconnu lundi qu’il n’obtiendrait pas “100%” de ce qu’il souhaite, après avoir assuré ces dernières semaines qu’il ne permettrait pas aux plus riches de continuer à bénéficier d’allégements de nature à gonfler un déficit déjà abyssal. Il a toutefois affirmé que sa “priorité” était une prolongation des allocations chômage, en l’absence desquelles l’économie entière risque de souffrir, un argument valable selon le politologue Jeffrey Cohen, de l’université Fordham. “L’une des raisons pour lesquelles Obama doit absolument obtenir (la prolongation des) allégements d’impôts pour la classe moyenne et des allocations chômage est que ceux-ci représentent de vrais leviers pour relancer l’économie”, explique cet expert à l’AFP. Non qu’un calcul politicien soit exclu de l’équation. Les chances de réélection de M. Obama en 2012 seront renforcées si l’économie est repartie, et chaque mois de relance comptera, démontre M. Cohen. Reste que M. Obama, qui a subi de son propre aveu une “raclée” lors des législatives du 2 novembre, souffre d’une cote de popularité inférieure à 50% et vient d’encaisser une mauvaise nouvelle avec la remontée du taux de chômage en novembre, est aujourd’hui un président affaibli, explique l’universitaire. En outre, note Thomas Mann, expert à l’institut Brookings de Washington, “Obama ne veut pas laisser expirer tous les allégements d’impôts de Bush, ce qui était sa seule arme réelle face aux républicains”. Et étant donné la solidarité de ces derniers, la “position de négociation (de M. Obama) est très faible”, juge M. Mann, pour qui le pire reste pourtant à venir. Le président “peine déjà à obtenir ce qu’il veut du Congrès pendant la dernière session de l’année, avant de se retrouver dans une situation encore pire lorsque le nouveau Congrès prendra ses fonctions”, prévient cet expert.

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