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Barack Obama mobilise « toutes les ressources » pour endiguer la marée noire

La marée noire qui menace la Louisiane (sud), a été décrétée jeudi « catastrophe nationale » aux États-Unis dont elle pourrait toucher les côtes vendredi, le président Barack Obama promettant de mobiliser « toutes les ressources » du pays dont l’armée.

Alors que le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal déclarait l’état d’urgence, les services de secours étaient engagés dans une course contre la montre face à l’imminence de l’arrivée de nappes de pétrole brut.

Lors d’un point de presse à la Maison Blanche, la ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a indiqué que la marée noire provoquée par le naufrage il y a une semaine d’une plate forme pétrolière dans le golfe du Mexique avait été décrétée « catastrophe nationale », mesure permettant l’utilisation de moyens venant de tout le pays.

Une nappe pourrait toucher le delta du Mississippi « vendredi soir », a déclaré une responsable des gardes-côtes, l’amiral Sally Brice O’Hara. La zone la plus à risque dans l’immédiat se trouve à l’extrémité sud-est de ce delta, entrelacs de bras de mer et de marais.

Jeudi, le vent commençait déjà à pousser le pétrole vers la côte. La superficie totale des nappes est d’environ 1 550 km². « Les images satellite de ce matin (jeudi) montrent que la pointe ouest de la nappe est à environ 12 km du delta », a indiqué l’Institut océanique et atmosphérique américain (NOAA).

Mme Napolitano a insisté sur le fait que le groupe britannique BP, qui exploitait la plate-forme pétrolière, était « responsable » de la marée noire et a exigé de sa part « la réaction la plus forte possible ».

Le président Obama a remarqué que « si BP est en fin de compte responsable du coût des opérations d’intervention et de nettoyage, mon gouvernement va continuer à utiliser toutes les ressources à notre disposition, dont, le cas échéant, celles du ministère de la Défense ».

M. Obama a dit avoir donné l’ordre à deux de ses ministres de se rendre sur place vendredi, « pour s’assurer que BP et le gouvernement font tout leur possible, non seulement pour réagir à cet incident, mais aussi pour en déterminer les causes ».

La plate-forme pétrolière Deepwater Horizon a coulé le 22 avril après une explosion et un incendie survenus deux jours plus tôt. Elle contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour. Onze personnes sont portées disparues.

Les gardes-côtes ont annoncé tard mercredi la découverte d’une nouvelle fuite, estimant à « plus de 5 000 barils par jour » (800 000 litres) le volume de pétrole se déversant toujours dans la mer en provenance du puits sous-marin.

Des barrages flottants ont été déployés sur 20 milles nautiques pour tenter de contenir le pétrole. Mais, selon le gouverneur Jindal, c’est insuffisant et il faudrait en déployer encore plus.

Des équipes d’intervention ont enflammé mercredi une portion de la nappe pour tenter de contenir sa progression. Mais la météo en cours de dégradation menaçait d’annuler les effets de cet essai d’incendie « contrôlé ». Les ingénieurs se démènent pour construire un couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite.

Les marais côtiers de la Louisiane constituent un sanctuaire pour la faune, en particulier les oiseaux aquatiques, et les autres États de la région, la Floride, l’Alabama et le Mississippi notamment, craignent que la nappe de pétrole ne souille leurs plages et ne pollue les pêcheries, cruciales pour l’économie locale. Une plainte a été déposée par des pêcheurs de crevettes de Louisiane contre BP.

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