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Barack Obama ne veut pas “donner un chèque en blanc” à Washington

Les candidats à la Maison Blanche ont fait part lundi de leurs réserves concernant le plan de sauvetage de l’économie américaine présenté la semaine dernière par la Maison Blanche. Le républicain John McCain a exprimé son “malaise” face aux interventions gouvernementales dans l’économie. Barack Obama a, quant à lui, accusé son adversaire d’avoir favorisé la dérégulation des marchés financiers.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a émis des réserves lundi sur le plan de sauvetage du système financier, affirmant qu’on ne pouvait pas “donner un chèque en blanc” à Washington. “Cette semaine nous devons travailler rapidement d’une façon non partisane pour résoudre cette crise et éviter une catastrophe économique encore plus grande”, a-t-il dit lors d’un meeting électoral à Green Bay dans le Wisconsin.

Selon Barack Obama, “Washington doit reconnaître que le rétablissement de l’économie ne se fera pas en soulageant uniquement Wall Street”. Le sénateur de l’Illinois a affirmé que la crise était ressentie par les foyers américains depuis longtemps. “Nous avons besoin d’un plan qui aide les familles à conserver leur maison et les travailleurs à garder leur emploi”, a-t-il dit.

Le plan, annoncé vendredi, prévoit de dépenser jusqu’à 700 milliards de dollars pour reprendre les actifs douteux des banques afin de permettre un redémarrage du système sur des bases saines. Les modalités exactes du fonctionnement de ce plan doit être approuvées par le Congrès américain à majorité démocrate.

Le candidat républicain John McCain a estimé lundi que ce plan marquait une trop grande intervention du gouvernement américain. “Cet arrangement me met profondément mal à l’aise. Quand nous parlons de milliers de milliards de dollars d’argent du contribuable, il faut faire plus que dire ‘croyez-moi'”, a-t-il déclaré à Scranton en Pennsylvanie.

Le sénateur de l’Arizona a critiqué le rôle joué par le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, qui pilote les mesures de sauvetage du système financier. “Je suis inquiet quant au fait que ce plan donne à une seule personne le pouvoir de dépenser mille milliards de dollars”, a-t-il dit. “Jamais dans l’histoire de notre nation autant de pouvoir et d’argent n’avaient été concentrés entre les mains d’une seule personne.”

Barack Obama a pour sa part assuré qu’il fallait “un plan qui soulage les travailleurs américains plutôt qu’utiliser les dollars des contribuables pour récompenser les PDG de Wall Street”. “Nous ne pouvons pas donner un chèque en blanc à Washington sans avoir un droit de regard et en demandant des comptes”, a-t-il insisté, dénonçant, une nouvelle fois, la dérégulation qui, selon lui, a conduit à ce “gâchis”.

“L’ère de cupidité et d’irresponsabilité en vigueur à Wall Street et à Washington nous a conduits à ce moment périlleux”, a-t-il dit. “Ils disaient qu’ils voulaient laisser le marché libre mais le marché est devenu sauvage”, a ajouté le candidat démocrate, accusant son adversaire républicain John McCain d’avoir encouragé la dérégulation des marchés financiers. “Quelle que soit la solution que nous adopterons cette semaine, il est absolument impératif de travailler sans attendre pour réformer cette politique qui a échoué et pour changer ce gouvernement qui a permis à cette crise de surgir”, a dit M. Obama.

“Pendant trop longtemps, les allées du pouvoir à Washington ont été grandes ouvertes pour les lobbyistes et les intérêts particuliers”, a souligné M. Obama, rappelant que certains des lobbyistes les plus en vue à Washington faisaient partie de l’équipe de campagne de M. McCain.

M. McCain “a placé des représentants des sept plus importantes sociétés de lobbying pour les compagnies d’assurance, du pétrole, de gouvernements étrangers au sein de sa campagne. Freddie Mac et Fannie Mae (deux organismes de refinancement hypothécaire, ndlr) ont payé environ 2 millions de dollars à son directeur de campagne pour les défendre contre des règles plus strictes”, a dit M. Obama ajoutant aussitôt: “Je suppose que (ces sociétés) en ont eu pour leur argent.”

La politique intérieure sera le thème du premier débat présidentiel entre John McCain et Barack Obama vendredi à Oxford (Mississippi).

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