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Barack Obama prêt à faire le forcing pour sauver sa réforme de l’assurance maladie

Le président des États-Unis Barack Obama a prévenu jeudi qu’il irait de l’avant dans sa réforme de l’assurance maladie, avec ou sans l’appui des républicains, à l’issue d’un marathon télévisé de discussions sur ce projet phare du début de son mandat, bloqué au Congrès.

« Nous ne pouvons pas débattre pendant encore un an là-dessus », a affirmé M. Obama, en concluant un sommet de près de sept heures avec une quarantaine de parlementaires démocrates et républicains, qu’il avait invités pour cet événement sans précédent sous sa présidence. Mais la réunion semble avoir échoué dans son but de parvenir à une percée.

M. Obama a dit avoir noté au cours de la discussion des points de convergence avec l’opposition, notamment sur des aspects de la réforme comme la lutte contre les erreurs médicales, le marché de l’assurance et le coût de l’assurance maladie. Mais il a aussi reconnu l’existence de positions « philosophiques » très éloignées entre les deux camps.

Il a aussi semblé indiquer qu’il était prêt à recourir à l’arme d’une tactique législative controversée, dite de « réconciliation », qui permettrait l’adoption d’une réforme de l’assurance maladie en passant outre la minorité de blocage dont disposent les républicains au Sénat.

« Y a-t-il suffisamment d’efforts pour que dans un mois, dans quelques semaines, dans six semaines, nous puissions effectivement parvenir à quelque chose ? », a demandé M. Obama à ses opposants.

« Si nous ne le pouvons pas, alors je pense qu’il nous faudra aller de l’avant et prendre certaines décisions, et c’est à cela que servent les élections », a-t-il ajouté, après avoir estimé que « la plupart des Américains pensent qu’un vote à la majorité (simple) est cohérent ».

Négociée pendant des mois entre démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, la réforme de l’assurance maladie promise par M. Obama pendant sa campagne de 2007-2008 a connu un coup d’arrêt brutal lorsque les républicains ont remporté une élection sénatoriale partielle le 19 janvier. Ils ont ainsi privé les démocrates de leur « super-majorité » de 60 sièges sur 100 qui permet de passer outre à une obstruction de l’opposition.

M. Obama avait divulgué lundi sa propre version du projet visant à couvrir « 31 millions » d’Américains supplémentaires. Jeudi, au cours d’un débat dont jamais M. Obama n’a perdu la maîtrise, les républicains ont persisté dans leur demande de l’abandon du texte des démocrates et réclamé une réforme graduelle.

« Franchement, j’ai été découragé par le résultat » de cette réunion, a déclaré aux journalistes le chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell, en émergeant de Blair House, résidence proche de la Maison Blanche où s’est tenu ce sommet. « Je pense qu’il est assez évident que la majorité, dont le président, veulent continuer sur le même projet de loi », a-t-il dit, doutant que ce texte recueille ne serait-ce qu’« un seul soutien républicain ».

Un autre sénateur républicain, Jon Kyl, s’est plaint que « le président n’ait pas écouté, même s’il nous avait invités pour entendre nos idées », et a estimé que « cela ne va pas être possible, avec ce type d’approche, de parvenir à un accord dans le temps imparti ».

Face aux critiques sur l’opacité des précédentes négociations au Congrès et vu le succès enregistré par M. Obama en termes de relations publiques, lors d’un débat avec des élus républicains le 29 janvier, la présidence avait souhaité que le sommet soit retransmis à la télévision. Mais en inaugurant l’événement, M. Obama avait dit espérer que ce sommet ne constituerait pas un « spectacle politique ».

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