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Barack Obama reçoit le Premier ministre de Tunisie pour y soutenir la démocratie

Le président des Etats-Unis Barack Obama rencontre vendredi le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, premier dirigeant de l’après-“printemps arabe” à être reçu à la Maison Blanche, à deux semaines de l’élection de l’assemblée constituante dans son pays.

M. Caïd Essebsi, qui a passé une partie de la semaine à Washington où il s’est entretenu jeudi avec la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, doit retrouver M. Obama à partir de 15H45 (19H45 GMT) dans le prestigieux Bureau ovale. Les deux dirigeants doivent ensuite brièvement s’adresser à la presse. Lors de cette rencontre, M. Obama “souhaite discuter du soutien ferme des Etats-Unis à la transition historique de la Tunisie vers la démocratie”, selon le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. De même source, M. Obama veut évoquer avec son hôte “un ensemble de sujets bilatéraux et régionaux d’intérêt commun”, ce qui devrait englober la Libye voisine où une rébellion soutenue par des bombardements de l’Otan a renversé fin août le dirigeant Mouammar Kadhafi après quasiment 42 ans au pouvoir.

La Maison Blanche a aussi mis en avant “les liens solides d’amitié entre les Américains et les Tunisiens”. Fin juin, une délégation de représentants de grandes entreprises américaines, dont ceux de General Electric, Boeing, Coca-Cola, Marriott et Dow, avait effectué une visite en Tunisie pour y discuter de perspectives d’investissement. Le gouvernement de transition de M. Caïd Essebsi dirige la Tunisie depuis la fin février, dans la foulée de la chute du régime du président Zine el Abidine Ben Ali, chassé le 14 janvier par un soulèvement populaire après 23 ans de pouvoir.

Il s’agissait de la première révolution dite du “printemps arabe”, qui avait ensuite sonné le glas des régimes égyptien et libyen, et ébranlé ceux de la Syrie et du Yémen. Après la fuite de Ben Ali, M. Obama avait salué le “courage et la dignité” du peuple tunisien et appelé le gouvernement à organiser des élections “libres et justes” dans “un proche avenir”.

Les Etats-Unis avaient été un allié du président Ben Ali dans sa lutte contre l’islamisme, tout en critiquant parfois son bilan en matière de droits de l’homme. La visite de M. Caïd Essebsi à Washington intervient un peu plus de deux semaines avant une échéance électorale cruciale. C’est en effet le 23 octobre que les Tunisiens sont appelés à élire une assemblée constituante qui sera chargée de rédiger une nouvelle loi fondamentale pour le pays. Mardi, M. Caïd Essebsi avait noté la difficulté de la transition lors d’une conférence organisée par la Banque mondiale dans la capitale fédérale américaine. “Nous avons suivi (…) les transitions qui se sont passées dans des régimes comme en Espagne, comme au Portugal, comme dans les pays de l’Est, etc. Et croyez-moi, la période de transition c’est très difficile. C’est beaucoup plus que la construction d’un Etat”, avait-il assuré.

M. Caïd Essebsi, 84 ans, avait rappelé qu’il avait “eu cette chance de participer à l’édification de la Tunisie moderne après l’indépendance” en 1956. “Mais ça n’a rien à voir avec les six mois, les sept mois que nous venons de passer, des mois très durs, très très durs, surtout que le peuple qui a fait cette révolution s’attendait à avoir tout, tout de suite”, avait-il expliqué.

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