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Barack Obama s’attaque à l’héritage fiscal de George Bush

Le président américain Barack Obama a commencé à démanteler l’héritage fiscal de George W. Bush en rétablissant les taux d’imposition les plus élevés appliqués aux ménages fortunés et en supprimant nombre de « niches » utilisées par les entreprises.

Dans un « Livre vert » publié lundi, le département du Trésor a annoncé le rétablissement du taux maximal d’imposition de 39,6 % pour les contribuables les plus riches et de 36 % pour la tranche suivante. En contrepartie, ce document annonce des réductions d’impôts pour « la classe moyenne », conformément à la promesse de campagne de M. Obama.

Ce cadeau, dont bénéficieront 95 % des familles américaines, coûtera au total 736 milliards de dollars sur dix ans et permettra à un « couple type » d’économiser 800 dollars par an, a indiqué le Trésor dans un communiqué. Il est néanmoins inférieur à ce que le président américain avait promis pendant sa campagne : une baisse de 1000 dollars par famille.

Un haut responsable du Trésor a indiqué que cette promesse avait été faite avant que n’apparaisse la nécessité d’un plan de relance aussi important que celui de 787 milliards de dollars sur trois ans promulgué en février.

Malgré cela, le Livre vert reprend plusieurs engagements de campagne de M. Obama. Celui-ci avait marqué sa différence avec son opposant républicain John McCain et le président sortant, en les présentant comme les porte-voix des nantis et des grands groupes de Wall Street.

M. Bush avait abaissé les taux d’imposition les plus élevés dès sa première année à la Maison Blanche, en 2001 : de 39,6 % à 35 % pour la tranche supérieure et de 36 % à 33 % pour la suivante. Le rétablissement des anciens taux doit encore être approuvé par le Congrès et entrerait en vigueur pour l’exercice budgétaire 2010-2011. Il s’accompagnera de la suppression d’autres déductions ouvertes par le gouvernement précédent.

À côté de ces mesures visant les particuliers, le Trésor compte « mettre fin à des dizaines de niches fiscales injustes qui coûtent des centaines de milliards de dollars à l’État ». Le ministère annonce ainsi la fin d’allégements fiscaux dont bénéficiaient les entreprises pétrolières. Le gouvernement souhaite taxer la production d’hydrocarbures dans les eaux territoriales relevant de l’État fédéral, alors que ces activités sont pour l’instant exemptes d’impôts fédéraux.

Le livre vert dévoile huit autres propositions destinées à supprimer ou réduire certains avantages accordés aux groupes pétroliers, notamment pour l’exploration-production. Impopulaires, ces avantages sont régulièrement critiqués par les organisations écologistes. Mais pour M. Bush, dont la famille dispose de gros investissements dans le pétrole, et son vice-président Dick Cheney, ancien dirigeant du groupe de services pétroliers Halliburton, il n’était pas question d’y toucher.

Le gouvernement compte abroger d’autres dispositions pour mieux taxer les revenus des entreprises américaines à l’étranger. Les PME américaines sont mieux servies : elles pourront bénéficier de 99 milliards de dollars de réductions d’impôts sur dix ans.

En marge de la publication de ces mesures, la Maison Blanche a revu sa prévision de déficit pour l’exercice en cours en hausse de près de 90 milliards, et d’autant pour 2009-2010. Le gouvernement prévoit désormais un déficit record de 1841 milliards de dollars en 2008-2009, puis de 1258 l’année suivante.

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