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Barack Obama se positionne déjà face à Mitt Romney

Barack Obama a vanté mercredi des initiatives destinées à faire revenir des emplois délocalisés aux Etats-Unis, se démarquant implicitement de son possible concurrent républicain à la présidentielle de novembre, Mitt Romney, attaqué sur son passé de repreneur d’entreprises.

M. Obama, aux côtés de plusieurs dirigeants de grands groupes industriels, a aussi posé le décor d’un nouvel affrontement avec les républicains du Congrès, en annonçant son intention de leur soumettre “de nouvelles propositions fiscales qui récompenseront les entreprises décidant de faire revenir des emplois” aux Etats-Unis.

En outre, “nous allons éliminer les allègements d’impôts pour les entreprises qui délocalisent à l’étranger”, a assuré M. Obama, qui souhaite également que le Congrès prolonge jusqu’à la fin de l’année les cadeaux fiscaux consentis aux salariés. En décembre, républicains et démocrates n’ont réussi à s’entendre que sur un dispositif expirant fin février.

Le constructeur automobile Ford, le groupe pétrochimique DuPont, la compagnie d’ascenseurs Otis, le fabricant informatique Intel, les groupes industriels Siemens et ThyssenKrupp ou encore le fournisseur de moteurs pour l’aéronautique Rolls-Royce ont participé à une réunion avec M. Obama à la Maison Blanche en milieu de journée. Ces entreprises ont récemment “relocalisé” aux Etats-Unis des emplois qui avaient été délocalisés à l’étranger, ou investi dans de nouvelles unités de production sur le sol américain, selon la présidence.

Mercredi, M. Obama a reconnu que les entreprises devaient se soucier de leur rentabilité. Il a toutefois souligné que leurs dirigeants avaient des “responsabilités vis-à-vis de leurs actionnaires (…) mais aussi de ce pays, qui a rendu possible cette prospérité”. “C’est une responsabilité que nous devons tous respecter, que ce soit dans le secteur privé ou public, à Washington où à Wall Street”, a-t-il assuré. M. Obama, candidat à un second mandat de quatre ans en novembre, se présente régulièrement comme celui qui est le plus à même de défendre la classe moyenne, durement touchée par la récession de 2007-2009. Le taux de chômage officiel, même en baisse de 0,2 point en décembre, reste au niveau élevé de 8,5% de la population active.

Cet événement à la Maison Blanche intervient aussi au lendemain de la primaire républicaine du New Hampshire (Nord-Est), dont l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney est sorti large vainqueur, augmentant ses chances de décrocher la nomination de son parti pour la présidentielle du 6 novembre.

Mais les démocrates, mais aussi ses concurrents républicains, l’ont attaqué sur son passé de dirigeant de fonds d’investissement et de repreneur d’entreprises. Rejetant l’image de créateur d’emplois qu’il veut projeter, ils ont cité en exemple des sociétés qui avaient été liquidées pendant que M. Romney était aux affaires, licenciements à la clé. “Mon message aux dirigeants d’entreprises aujourd’hui est simple: demandez-vous ce que vous pouvez faire pour faire revenir des emplois dans le pays qui a rendu votre succès possible”, a lancé M. Obama. “Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y parvenir”, a-t-il assuré. “Nous allons saisir cette occasion”, a ajouté le président, en soulignant que la hausse des coûts du travail à l’étranger, en particulier en Chine, rendait les Etats-Unis de plus en plus attrayants pour les investisseurs.

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