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Barack Obama va rapatrier le tiers de ses soldats en Afghanistan

Barack Obama a annoncé mercredi le retrait d’ici à l’été 2012 du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33.000 hommes, décision qu’il a justifiée par les revers infligés à Al-Qaïda dix ans après l’invasion du pays dans la foulée du 11 Septembre.

Lors d’un discours solennel, le président des Etats-Unis a en outre ordonné le rapatriement dès cette année de 10.000 des quelque 99.000 soldats américains actuellement sur place.

“Nous sommes au début, mais pas à la fin, de nos efforts pour terminer cette guerre”, a déclaré M. Obama, près de deux mois après l’élimination au Pakistan d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda qui avait préparé les attentats du 11-Septembre depuis l’Afghanistan.

Les documents récupérés dans la villa où a été abattu Ben Laden montrent qu’Al-Qaïda “souffre énormément” et est “incapable de remplacer efficacement” les hauts dirigeants du réseau éliminés, a affirmé M. Obama, selon qui “plus de la moitié” de ces chefs ont été tués.

Le président a donc opté pour un début de retrait plus rapide que celui préconisé par ses commandants militaires, mais qui laissera encore plus de 65.000 soldats américains en Afghanistan.

Le secrétaire à la Défense Robert Gates, partisan d’un retrait modeste, est rentré dans le rang en affirmant que M. Obama donnait “assez de moyens, de temps” et de souplesse pour réussir et ne pas mettre en péril les progrès réalisés depuis un an et demi.

Le chef de l’Etat afghan Hamid Karzaï a salué jeudi l’annonce comme une “bonne mesure pour eux (les Américains) comme pour l’Afghanistan”.

Mais les talibans, dont l’insurection a gagné du terrain ces dernières années et qui ont toujours fait du retrait total des “forces étrangères d’occupation” un préalable à toute négociation, l’ont jugée “symbolique” et “insuffisante”.

Les alliés en accord avec la décision

Le Premier ministre britannique, David Cameron, s’est ainsi dit “entièrement d’accord”, notamment pour maintenir une “pression continue” sur les insurgés afghans pendant la réduction des troupes.

La présidence française a annoncé que “la France partage l’analyse et les objectifs américains” et “se félicite de la décision”. Paris engagera “un retrait progressif” de ses forces en Afghanistan, “de manière proportionnelle” et “dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains”.

Le sommet de l’Otan à Lisbonne fin 2010 a entériné le principe d’un transfert des responsabilités en matière de sécurité aux forces afghanes en 2014. Mais leur capacité à prendre le relais des forces internationales reste problématique et le gouvernement afghan est critiqué pour sa faiblesse et sa corruption.

Une guerre coûteuse

Selon un sondage mardi, 56% des Américains sont en faveur d’un retrait d’Afghanistan “aussitôt que possible”. Et, en période de fort déficit budgétaire, de plus en plus de voix s’élèvent au Congrès pour demander la fin des opérations dans le pays, dont le coût est évalué à environ 10 milliards de dollars par mois. Barack Obama en a pris acte, remarquant qu'”il est temps de nous concentrer sur les investissements dans notre propre pays”.

Cet argumentaire a séduit la plupart des démocrates du Congrès, le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, saluant “un grand pas dans la bonne direction”, même si certains élus auraient souhaité un retrait encore plus rapide.

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