Subscribe

Barack Obama veut “botter des fesses”

Le président américain Barack Obama s’est fait fort mardi de “botter des fesses” pour la marée noire qui souille le golfe du Mexique depuis sept semaines, alors que les Américains jugent sévèrement la réaction de leurs dirigeants face à cette vaste pollution.

“Je ne discute pas avec les experts parce qu’il s’agit d’un séminaire. Nous parlons avec ces types parce qu’ils sont potentiellement les plus à même de me dire à qui il faut botter les fesses”, a souligné le président, qui s’est rendu trois fois dans la région touchée par la pollution depuis avril.

Interrogé par la chaîne NBC, M. Obama a aussi laissé entendre qu’il était favorable à une démission du patron du géant britannique BP, Tony Hayward, qui a multiplié les déclarations maladroites en assurant notamment que “l’impact du désastre sur l’environnement sera sans doute très, très modeste”, ou en disant vouloir “retrouver (sa) vie d’avant”.

“Il ne travaillerait plus pour moi après de tels propos”, a affirmé M. Obama, qui a souligné qu’il ne s’était pas entretenu directement avec M. Hayward depuis le début de la catastrophe le 20 avril, avec l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, parce qu’il “n’est pas intéressé par les paroles, mais par les actes”.

Rejetant les critiques sur une intervention tardive de son administration face à la pire marée noire de l’histoire américaine, M. Obama a souligné: “j’étais là-bas il y a un mois, avant que la plupart de ces beaux parleurs ne prêtent la moindre attention au golfe” du Mexique.

“Je n’ai pas toujours le temps d’assurer le spectacle pour les chaînes de télévision”, a ajouté le président.

En attendant, les Américains jugent sévèrement la réaction de leurs dirigeants face à la marée noire. Selon un sondage ABC News/Washington Post, 69% des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de la gestion de la crise par l’administration Obama. Quant à BP, sa réaction est jugée négativement par 81% des sondés.

Plus alarmant pour M. Obama, l’attitude de son administration est jugée plus sévèrement que celle de l’administration précédente face à l’ouragan Katrina, catastrophe d’août 2005 qui avait été dévastatrice pour la présidence de George W. Bush.

A l’époque, 62% des Américains avaient dit avoir une mauvaise opinion de la réaction des autorités, soit 7% de moins qu’aujourd’hui.

Grâce à la pose d’un entonnoir, BP a accéléré depuis la semaine dernière la récupération du pétrole qui s’échappe du puits. Mais la nappe continue d’avancer vers les côtes et le brut continuera de couler tant que les puits de dérivation ne seront pas opérationnels, ce qui est prévu au mois d’août.

BP, qui a déjà dépensé 1,25 milliards de dollars pour lutter contre la pollution, espère porter la capacité de récupération de pétrole à 20.000 barils par jour, contre près de 15.000 actuellement (un peu plus de 2 millions de litres), montant annoncé mardi par les garde-côtes.

Mais le rythme auquel le brut s’est déversé depuis le début de la catastrophe reste délicat à évaluer.

Jusqu’ici, les autorités ont estimé qu’entre 2 et plus de 3 millions de litres s’écoulaient chaque jour, soit entre 100 millions et 150 millions de litres depuis le début de la catastrophe. A titre de comparaison, lors de la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989, 41 millions de litres de pétrole avaient souillé les côtes de l’Alaska.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related