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Barack Obama veut convaincre les Américains avec son plan pour l’emploi

En pleine incertitude sur le front économique, les sondages plongent pour Barack Obama qui présentera jeudi au Congrès un plan de relance de l’emploi, à un peu plus d’un an de la présidentielle américaine.

Le président doit s’adresser au Congrès partiellement dominé par ses adversaires républicains alors que de multiples indicateurs sont à l’orange, alimentant les craintes d’une replongée dans la récession trois ans après l’éclatement de la crise du crédit. L’économie américaine a détruit autant d’emplois qu’elle en a créés en août, mettant fin à dix mois consécutifs d’embauches nettes, et le taux de chômage du pays s’est maintenu à 9,1%. Sur fond d’inquiétude quant à la capacité des élus américains à s’accorder sur la façon de réduire leurs déficits et de lutter contre une dette qui s’approche des 100% du PIB, l’agence de notation financière Standard and Poor’s (S&P) a abaissé début août la note de cette dette, un mauvais coup pour M. Obama. Conjugués aux doutes sur les dettes publiques au sein de l’Union européenne, ces données ont encore davantage pesé lundi sur les marchés européens et asiatiques, déjà sous pression.

Le président démocrate paie les conséquences de cette déprime dans les sondages. Selon une enquête Washington Post/ABC News publiée mardi, quelque 53% des personnes interrogées jugent négativement son action et 77% estiment que le pays “n’est pas sur les bons rails”. En outre, 35% estiment que leur situation financière s’est dégradée sous la présidence Obama, un record pour un président en exercice depuis les années 1980. Concernant la situation économique, 34% des sondés jugent que l’action du président a fait plus de mal que de bien, seuls 17% pensent le contraire. Mais les sondés n’épargnent pas pour autant les républicains, 68% jugeant négativement l’action des élus républicains au Congrès, qui ont longtemps bloqué un compromis sur la dette publique du pays avant une résolution in extremis.

Les idées pour l’emploi de M. Obama, candidat à sa réélection en novembre 2012, risquent de se heurter à la même hostilité au Congrès, en particulier à la Chambre des représentants où ses adversaires républicains sont majoritaires. Mardi, ces derniers ont demandé au président une réunion pour “discuter” en aval du plan. Au Sénat, les républicains possèdent aussi une minorité de blocage. Lundi, jour de la fête du Travail aux Etats-Unis, M. Obama a mis ses opposants au défi de l’aider à améliorer la situation de l’emploi. “Etant donné l’urgence de la situation, les difficultés que connaissent tant de gens, il faut savoir s’unir”, a-t-il lancé devant 10.000 syndicalistes acquis à sa cause, à l’occasion d’un déplacement à Detroit (Michigan, Nord). “Nous n’allons pas les attendre”, a-t-il poursuivi. “Nous allons voir s’il y a des gens sincères au Congrès. Nous allons voir si les républicains vont faire passer le pays avant leur parti”. “Montrez-nous ce que vous avez dans le ventre ! (…) C’est le moment d’agir”, a-t-il dit, très offensif, en évoquant quelques pistes, comme des mesures pour le pouvoir d’achat des salariés, ou pour la construction d’infrastructures. Mais de telles propositions, déjà sur la table depuis le début de l’année, ont été reçues avec méfiance par les républicains.

M. Obama doit aussi prendre en compte la montée en puissance de la campagne électorale, les candidats à l’investiture républicaine présentant eux aussi leurs idées pour l’emploi. L’un des principaux favoris, Mitt Romney, devait ainsi prononcer mardi un discours à Las Vegas (Nevada, Ouest) sur ses “59 propositions spécifiques” pour l’emploi, parmi lesquelles l’abrogation de la réforme de l’assurance-maladie adoptée à l’instigation de M. Obama début 2010.

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