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Barack Obama veut ramener 3.000 milliards de dollars et taxer les plus riches

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, va dévoiler lundi de nouvelles mesures de réduction du déficit public pour un montant de 3.000 milliards de dollars, incluant la création d’une taxe sur les riches Américains aux revenus supérieurs au million de dollars.

Selon un haut responsable de l’administration ayant requis l’anonymat, M. Obama annoncera ces nouvelles mesures dans un discours à la Maison Blanche à 14H30 GMT. Pour moitié, les sommes évoquées sont constituées de nouvelles mesures d’économies et pour l’autre de nouvelles recettes fiscales, ce qui va relancer le bras de fer de l’exécutif avec l’opposition républicaine.

La nouvelle taxe sur les riches portera le nom de “Loi Buffett”, en référence au milliardaire Warren Buffett, qui avait récemment fait remarquer que les plus riches Américains sont moins imposés que les classes moyennes et appelé les parlementaires à augmenter les impôts des plus fortunés afin de réduire l’énorme déficit budgétaire du pays. Certains millionnaires sont moins taxés car les bénéfices tirés de leurs investissements — plus-values, dividendes et autres intérêts — sont à l’heure actuelle moins imposés que les salaires.

Cette proposition a soulevé l’opposition farouche des Républicains dimanche, lesquels ont dénoncé une “guerre des classes”, symptôme du climat fébrile dans lequel le plan de réduction du déficit public du président Obama sera examiné, à l’approche de la bataille électorale de 2012. Le sénateur républicain de Caroline Lindsey Graham y a vu “une manoeuvre politicienne de la part du président”. “La fiscalité devrait être réformée avec un seul objectif: créer des emplois. Lorsque vous dites que vous allez taxer un pourcent de l’économie, c’est une guerre de classes”, a-t-il assené.

Dans son discours, le président américain devrait avertir les Républicains qu’il opposera son veto à tout projet de loi diminuant les dépenses de santé pour les plus âgés sans augmenter les impôts des plus riches et des grandes entreprises, selon la source de l’administration. Ce plan permettra de garantir la pérennité des ressources fiscales des Etats-Unis et d’investir dans l’éducation, les énergies renouvelables et des créations d’emplois, a précisé cette source. Ces mesures inclueront une large révision du barème fiscal, conçue pour lever 1.500 milliards de dollars, essentiellement en ne renouvelant pas des exemptions fiscales pour les plus riches et en supprimant des avantages pour les entreprises. Ces non-renouvellements d’exonérations fiscales datant de l’ère Bush permettraient de dégager 800 milliards de dollars d’économies — ils concernent les contribuables gagnant plus de 200.000 dollars annuels — et devraient être vivement combattus par les Républicains.

Concrètement Obama présentera un plan sur des augmentations d’impôts et une diminution des dépenses à une “super-commission” du Congrès chargée de trouver 1.500 milliards d’économies sur dix ans d’ici le 23 novembre. Les propositions d’Obama conduiront à une réduction totale du déficit de 4.400 milliards de dollars sur dix ans, ont indiqué les responsables. Ce chiffre inclut 1.200 milliards de dollars en réduction des dépenses discrétionnaires de l’Etat, déjà convenue en août dans le cadre d’un accord avec les Républicains.

Il comprend également une diminution de 580 milliards de dollars dans tous les programmes de dépenses fédérales obligatoires et 1.100 milliards de dollars d’économie sur le déploiement de troupes en Afghanistan et en Irak. “Le président affirmera clairement qu’il n’a pas l’intention d’appuyer un plan qui exige tous les efforts de certains Américains et ne demande rien aux autres”, a indiqué le responsable sous couvert d’anonymat. “Il dira qu’il opposera son véto à tout texte qui enlève un centime aux bénéficiaires âgés de +Medicare+ sans demander aux Américains les plus fortunés et aux grandes entreprises de verser leur écot”.

Parmi les réductions de dépenses envisagées figurent 248 milliards de dollars d’économies sur les programmes Medicare destinés aux personnes âgées et 72 milliards dans les soins du programme Medicaid pour les plus pauvres, a-t-on précisé.

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