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Basket-ball: L’Euro ou le coma

La France engage mercredi un combat décisif pour son avenir lors de repêchages à l’Euro-2009 de basket qu’elle aborde par le versant nord avec un déplacement en Italie sans Tony Parker.

“A la vie, à la mort.” L’expression, souvent galvaudée, prend pourtant sens dans la bouche de Florent Pietrus à l’heure d’évoquer les semaines angoissantes qui attendent les Bleus placés devant un enjeu simple mais dramatique. Soit ils se qualifient pour l’Euro polonais (7-20 septembre), avec de bonnes chances d’y briller vu leur degré de préparation. Soit ils disent adieu à la Pologne mais aussi, peut-être, au Mondial-2010, pour lequel le Championnat d’Europe est qualificatif et se donnent rendez-vous en… 2011.

La perspective d’un tel coma prolongé est dévastatrice pour un sport qui a déjà beaucoup roupillé ces dernières années. Pour l’empêcher, les Bleus devront sortir vivants, c’est-à-dire premiers de leur groupe comprenant l’Italie et la Finlande à l’issue des matches en aller-retour d’ici le 17 août. Ils devront ensuite encore battre le premier de l’autre poule (Bosnie, Belgique ou Portugal) sur une finale elle-aussi en aller-retour fin août.

Quoiqu’il arrive, une nation majeure restera sur le carreau, entre la France, vice-championne olympique de 2000, et l’Italie, vice-championne olympique de 2004, même si le perdant peut toujours espérer hériter de l’une des quatre “wild-cards” disponibles pour le Mondial-2010. Une donnée à laquelle les Bleus ne veulent même pas penser, car très aléatoire, et parce qu’il y a des manières plus glorieuses d’entrer dans le grand monde. Mais aussi parce qu’un nouvel échec perpétuerait la spirale négative dans laquelle s’est fourvoyée la génération Parker, peut-être la plus talentueuse de toutes, mais qui n’a jamais su bâtir sur sa médaille de bronze à l’Euro-2005 et sa cinquième place au Mondial-2006.

 

Il y a urgence

Au moment d’arriver à maturité, il y a deux ans, elle a connu un gros accident dont on ne mesure qu’aujourd’hui toutes les conséquences. Cela s’est passé lors d’un Euro-2007 calamiteux où les Bleus ont terminé à la huitième place, la première non-qualificative pour les JO-2008 et l’Euro-2009. Ils ont continué à perdre du temps lors du premier volet de qualifications à l’Euro-2009 bazardé l’été dernier, malgré un Parker remarquable.

Aujourd’hui, il y a urgence. “On a trois ans pour faire quelque chose, après c’est mort”, convient Parker, qui manquera énormément mercredi – il sera dans l’avion du retour de San Antonio – mais qui jouera face à la Finlande samedi. En l’absence de sa boussole et de son leader offensif, Vincent Collet a opté pour la tactique de la tortue: tout miser sur la défense, comme au Mondial-2006 lorsque les Bleus, déjà orphelins de Parker, avaient bétonné comme jamais.

C’est ainsi que les Bleus espèrent réussir à Cagliari un casse ou au moins limiter la casse en vue du match retour, le 17 août à Pau. Une défaite de plus de quinze points serait sans doute rédhibitoire. Un revers plus doux permettrait l’espoir. Une victoire serait un exploit et une belle promesse.

L’Italie, avec deux joueurs NBA (Bargnani et Belinelli) et plusieurs joueurs rompus à l’Euroligue, ne se laissera évidemment pas faire, surtout sur ses terres. Collet a prévenu ses joueurs: c’est un combat de tranchées qui les attend mercredi dans une petite salle aux allures de traquenard.

La France, outre ses cadres comme Diaw, Pietrus et Turiaf, comptera sur des gamins d’à peine 20 ans (Batum, De Colo, Diot) pour défendre la patrie. Si jamais ils s’en sortent, ce sera peut-être le début d’une belle histoire. L’inverse offrirait la perspective glaçante d’une longue pénitence.

 

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