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Basket : une Française mène le jeu à San Antonio

De passage mardi au Madison Square Garden avec son club des San Antonio Silver Stars pour affronter les New York Liberty, la joueuse française Edwige Lawson-Wade (1,67 mètres, 31 ans) est revenue sur sa saison en WNBA (la ligue féminine américaine) et sur sa vie  aux États-Unis pour France-Amérique.

Il y a quelques semaines, on aurait eu l’occasion de voir Edwige Lawson plus longtemps sur le terrain. Dommage. Meneuse titulaire des San Antonio Silver Stars pendant les 17 premiers matches de la saison, la Française a été reléguée sur le banc depuis quelques matches. Mardi, face à New York, elle est entrée en jeu quatre minutes dans le second quart-temps, le temps de voler deux ballons et de récolter deux fautes. Puis elle a dû patienter toute la durée du match avant de refaire une courte apparition dans les seize dernières secondes de la rencontre, alors que l’affaire était mal embarquée pour son équipe (défaite 77-72). Edwige Lawson a accepté de se confier à France-Amérique dans les vestiaires après le match.

Vous avez été meneuse titulaire presque toute l’année, mais depuis quelques matches, vous ne jouez plus beaucoup, que se passe-t-il ?

Les coaches ont décidé de changer de cinq majeur et de mettre plus de taille sur le terrain. Comme on fait une mauvaise saison et qu’on perd beaucoup de matches, on essaye de jouer un nouveau style. Quand je démarre le match, je suis associée à Becky Hammon (ndlr, la star de l’équipe), et nous sommes deux joueuses de petite taille donc en défense, je dois prendre des ailières qui sont beaucoup plus physiques et athlétiques, d’où le changement de cinq majeur.

Comment vivez-vous cette situation ?

Il faut que je m’adapte à mon nouveau rôle, ce n’est pas évident parce qu’en ce moment, mon shoot ne rentre pas. Mais c’est ça le niveau professionnel, en WNBA il faut être prêt à relever tous les challenges. Je dois retrouver mon jeu et je reste confiante car  j’ai quand même pas mal de saisons pro derrière moi !

Si vous deviez faire un bilan de votre saison aujourd’hui, il serait tout de même positif ?

C’est mitigé. J’étais très satisfaite de mon début de saison, c’est une des saisons où j’ai eu un des plus gros temps de jeu, j’avais pas mal de responsabilités au sein de l’équipe et c’était très agréable. Jusqu’à ces derniers matches… Mais bon ça peut revenir, on cherche des solutions et c’est à nous, les joueuses, d’être prêtes.

Le match de ce soir était important dans l’optique des play-offs ?

Oui parce que notre conférence (ndlr, Ouest) est très serrée, on est encore en course pour les play-offs mais Minnesota n’est qu’à un match derrière nous. Chaque match compte, une défaite peut te faire passer de la deuxième à la quatrième place, et l’inverse est vrai aussi. C’est dommage parce que ce soir on aurait pu gagner ce match.

Venir jouer au Madison Square Garden, c’est particulier ?

Oui c’est sûr, même si ça fait toujours plus forte impression les premières fois. Là, on est logées dans un hôtel sur Times Square, donc c’est toujours sympa. Ce sont toujours des matches agréables. J’ai commencé ma carrière WNBA ici à New York, mais je n’ai joué que deux matches et ensuite j’ai été transférée à Houston.

Vous connaissez bien les ligues européennes… La WNBA est-elle vraiment différente ?

Oui, c’est une autre dimension ! Le niveau est meilleur ici, et de loin, car la ligue américaine rassemble toutes les meilleures joueuses au monde, à l’exception de quelques joueuses européennes qui ne veulent pas jouer toute l’année. Il y a du monde dans les salles, ce soir il y avait plus de 10 000 personnes pour assister au match ! On ne s’en rend pas compte tant les salles sont grandes, mais ce sont des chiffres énormes qu’on n’a pas en Europe.

Vous avez joué cette année en Russie (au Spartak Moscou) et en Israël (au Elizur Ramla), avant d’enchaîner directement avec la WNBA, comme chaque saison… Avez-vous le temps de prendre des vacances ?

Non pas vraiment, je prendrai des vacances quand je prendrai ma retraite ! (elle rit) Il me reste quelques années et j’ai envie d’en profiter à fond ! J’ai signé à Valence en Espagne pour la saison prochaine et je dois y être fin septembre, donc j’espère avoir quelques semaines pour pouvoir rentrer en France.

Votre vie au États-Unis vous plaît-elle ?

Oui, j’aime bien vivre aux États-Unis, en plus comme mon mari est américain c’est possible qu’on vive ici plus tard. Mais je crois que je préfèrerais vivre en France. Ça fait six ans que je joue en Europe pendant l’année et aux États-Unis l’été, et la France me manque. On verra où le vent nous emmène ! (elle rit)

Et l’équipe de France, c’est fini pour vous ?

Oui, il y a une très bonne génération qui arrive, on est déjà championnes d’Europe (ndlr, Edwige Lawson ne faisait pas partie de l’équipe sacrée l’an dernier). Moi, j’ai fait mes années et là je suis vers la fin de carrière. Mais je vais bien évidemment suivre les championnats du monde (ndlr, du 23 septembre au 3 octobre 2010 en République Tchèque) avec intérêt.

Vous êtes meneuse française de San Antonio, et vous portez le numéro 9 comme Tony Parker, c’est exprès ?

Oui, ce n’est pas un hasard ! (elle rit) Quand je suis arrivée ici, on m’a demandé quel numéro je voulais, et j’ai pensé à Tony qui porte le numéro 9 à San Antonio… Ça lui a porté beaucoup de chance ! Donc je me suis dit que j’allais faire cette petite blague, d’autant que je ne suis pas superstitieuse.

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