Subscribe

Bataille des chefs à l’UMP

L’ex-ministre Bruno Le Maire a officialisé sa candidature pour la présidence de l’UMP, mais il lui reste beaucoup à faire pour obtenir les parrainages nécessaires et espérer se faire une place entre les deux grands prétendants, François Fillon et Jean-François Copé.

C’est par une interview au Figaro à paraître lundi que cet énarque et normalien de 43 ans, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, s’est lancé dans la course, qui aura lieu en novembre prochain. “La droite est dans une situation sans précédent depuis 1958. Elle a perdu quasiment tous les pouvoirs locaux et nationaux. Si nous voulons que l’UMP retrouve le chemin de la victoire, il faut un renouveau profond de nos idées, de nos pratiques politiques et des personnes. Je veux être le candidat qui porte ce renouveau”, dit-il.

Il affirme vouloir axer sa campagne autour de quatre volets : “Union politique européenne, liberté d’entreprendre, restauration de l’autorité, renouvellement de notre famille politique”. L’ancien ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy, qui avait fait part de son souhait de concourir depuis plusieurs semaines, avait notamment posé comme condition le fait d’obtenir un millier de parrainages d’adhérents.

Cet objectif est “largement dépassé”, dit-il, qui affiche aussi le soutien d’une “trentaine de parlementaires”. “Ma candidature est une démarche collective, pas une aventure solitaire”, argumente Bruno Le Maire. Le député de l’Eure sait toutefois qu’il n’est pas au bout de ses peines: pour pouvoir officiellement concourir, il lui faut atteindre le nombre de 7.924 parrainages d’adhérents à jour de cotisation d’ici au 18 septembre. “Il ne les aura pas, c’est quasiment impossible d’obtenir autant de parrainages en si peu de temps”, pense un proche de François Fillon.

Et même s’il obtenait les signatures nécessaires, il lui faudra encore rattraper son retard dans le coeur des militants : dans un sondage Ifop-JDD, seuls 2% des sympathisants UMP interrogés veulent le voir prendre la tête du mouvement, contre 48% pour François Fillon et 24% pour Jean-François Copé…

Dans les camps des deux principaux prétendants, on juge d’ailleurs que cette candidature – qualifiée de part et d’autre de légitime – ne menace pas ces derniers et on prend soin de ménager l’ancien ministre. “Ceux qui sont dans une démarche d’idées constructives sont les bienvenus mais l’heure viendra du rassemblement, et j’espère qu’il sera le plus large possible autour de François Fillon, avec Bruno Le Maire, parce que c’est un homme de talent et de conviction”, a réagi auprès de l’AFP Eric Ciotti, l’un des lieutenants de l’ancien Premier ministre, en marge d’un déplacement.

“Dans la jeune génération, Bruno Le Maire est celui qui a le plus d’expérience et qui a le plus réfléchi à la refondation (…) Le moment venu je souhaite que tout le monde rejoigne Jean-François Copé”, juge pour sa part le député copéiste Frank Riester Le seul tacle pour le moment est venu du filloniste Laurent Wauquiez, lui aussi interrogé en Haute-Loire : “Je comprends bien les ambitions mais l’UMP a besoin d’unité. Nous aussi, avec Valérie Pécresse, on aurait pu privilégier notre ambition, or nous avons fait le choix de l’unité derrière François Fillon”.

Parmi les candidats qui se sont lancés dans la course, le nom de Bruno Le Maire s’ajoute pour le moment à celui de François Fillon (58 ans), Nathalie Kosciusko-Morizet (39 ans) et du député de Savoie Dominique Dord (52 ans). Jean-François Copé (48 ans) devrait lui annoncer sa candidature dimanche prochain dans les Bouches-du-Rhône. D’autres pourraient également les rejoindre, comme le proche de Nicolas Sarkozy et maire de Nice Christian Estrosi, ou l’ancien secrétaire général du mouvement, Xavier Bertrand.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related