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Belle victoire pour Mitt Romney dans le New Hampshire

Le républicain Mitt Romney a remporté mardi une victoire éclatante dans l’élection primaire du New Hampshire, confortant sa position de favori pour affronter le président démocrate Barack Obama en novembre.

“Ce soir, nous avons écrit une page d’histoire”, a affirmé M. Romney en profitant de cette tribune pour lancer une attaque au vitriol de la politique économique du président sortant qu’il accuse de vouloir “transformer l’Amérique en une société d’assistés de style européen”. L’ancien homme d’affaires multimillionnaire a remporté 38% des suffrages, devant le doyen de la course Ron Paul, un conservateur aux positions atypiques (24%), et le modéré Jon Hunstman, ancien ambassadeur de Barack Obama en Chine (17%), selon les dernières projections des télévisions.

M. Romney, 64 ans, avait déjà remporté la semaine dernière le premier scrutin républicain organisé dans l’Iowa (centre), au coude-à-coude avec l’ultraconservateur chrétien Rick Santorum. Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est), est également donné favori en Caroline du Sud, prochain Etat où se tiendra une élection primaire le 21 janvier, mais il devrait avoir plus de mal dans cet Etat du sud-est où la religion pèse lourd. S’il réussit ce triplé, il est improbable que l’investiture républicaine lui échappe.

Considéré comme trop modéré par une bonne partie de la base républicaine, M. Romney s’est lancé mardi soir dans une critique féroce du président sortant, qu’il compte affronter le 6 novembre. “Il y a quatre ans, Barack Obama est venu dans le New Hampshire en promettant de réconcilier les gens, de réparer le système politique à Washington et de remettre notre pays sur pied. Et aujourd’hui nous faisons face au bilan décevant d’un président qui a échoué”, a-t-il martelé sous les vivats de ses partisans réunis à son quartier général de campagne à Manchester.

Les ultraconservateurs divisés

M. Romney, un cérébral manquant de charisme qui a déjà été candidat en 2008 à la primaire républicaine remportée par John McCain, a gagné en dépit des vives attaques lancées contre lui ces derniers jours pour son rôle à la tête du fonds d’investissement Bain Capital, qui a fait de lui un multimillionnaire. Ses adversaires l’accusent d’avoir restructuré des entreprises en licenciant à tour de bras avant de revendre les actifs au prix fort.

La deuxième place du scrutin était très disputée, mais l’isolationniste Ron Paul, un médecin de 76 ans et candidat pour la troisième fois, a devancé l’ancien gouverneur de l’Utah Jon Huntsman. Ce modéré de 51 ans avait tout misé sur cet Etat du nord-est et son résultat honorable le maintient dans la course. “On le talonne!”, a lancé Ron Paul devant ses partisans.

Trois autres candidats ultraconservateurs ont terminé loin derrière le trio de tête: l’ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich a recueilli 10% des voix, comme Rick Santorum, devant le gouverneur du Texas Rick Perry, qui devait se contenter d’un pour cent des voix. MM. Gingrich et Santorum ont tous deux signifié mardi soir qu’ils se maintenaient dans la course.

Pour la politologue Erika King, de l’université de Grand Valley State, la dispersion des voix de ses adversaires ultraconservateurs est une bonne nouvelle pour Mitt Romney. “Le camp Romney doit être ravi qu’il n’y ait pas de rival émergeant à la deuxième place après les deux premiers scrutins”. David Bositis, politologue au Joint Center for Political and Economic Studies, relève toutefois que malgré ses deux premières victoires, Mitt Romney reste boudé par les trois-quarts des républicains. “Les républicains ne s’enthousiasment pas pour lui. Mais ils ne s’enthousiasment pas non plus pour les autres candidats”.

La procédure de sélection du candidat républicain pour la présidentielle se fait Etat par Etat, sur plusieurs mois, via des élections primaires ou des “caucus” (assemblées d’électeurs), culminant avec la convention du parti cet été. Une élection primaire démocrate s’est tenue également mardi dans le New Hampshire, mais le résultat ne faisait aucun doute, M. Obama figurant sur la liste, sans opposant autre qu’anecdotique.

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