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Benoît Delbecq, pianiste sous influences

Rencontre avec Benoît Delbecq, le pianiste de jazz et compositeur novateur, qui donnera le 17 septembre un concert à la Corcoran Gallery of Art à Washington organisé par l’Alliance française, avant de participer ensuite au Crossing the Line Festival au FIAF à New York le 20 septembre.

France-Amérique: Vous avez créé une musique originale qui reflète des influences extrêmement diverses. Quel a été votre parcours?
Benoît Delbecq: J’ai eu la chance de sortir d’une famille très musicale. Mon père aimait le jazz et il était anglophone. Il lisait l’International Herald Tribune et chaque fois qu’il y avait un article de l’excellent critique de jazz, il achetait les disques. C’est comme ça que j’ai connu Louis Armstrong, Billie Holliday et beaucoup d’autres Américains. J’ai eu la chance aussi d’apprendre le piano avec une élève du très grand pianiste classique Alfred Cortot. Entre 11 et 20 ans j’ai étudié la pop music et le jazz. De plus, dans mon église où je jouais de l’orgue, le curé était très progressiste.

F.-A.: Vous avez eu aussi une éducation plus formelle…
B.D.: J’ai appris la musique contemporaine à l’IRCAM et au Conservatoire de Versailles où j’étudiais la composition. Mon professeur avait étudié avec Messiaen dont l’œuvre m’a influencé. J’ai étudié Luciano Berio, Thelonious Monk, Monteverdi, Mozart, Ligeti. Parallèlement j’étudiais l’ingénierie du son, mais à 20 ans j’ai décidé d’être musicien. Ensuite j’ai commencé à faire une musique à moi, à trouver ma voix. J’ai étudié John Cage, la musique traditionnelle d’Afrique, surtout des pygmées Aka,et la musique balinaise.

F.-A.: Comment décrivez-vous le type de jazz que vous faites?
B.D.: Le jazz, c’est ma famille. Je me suis fait des règles du jeu, comme faisait ce groupe littéraire, l’Oulipo (OUvroir de LIttérature Potentielle). C’est du jazz contemporain, entre la pulsation et le nomadisme. Il y a un croisement des vitesses, on appelle ça la polymétrique ou polyrythmique. J’étais marqué par la musique africaine et la musique contemporaine. Un ami m’a dit : ‘Tu fais le jazz africain avec des thématiques contemporaines’. C’est le côté progressiste qui m’intéresse. Je prends la musique avec la culture que j’ai et j’en fais quelque chose.

F.-A.: Vous jouez sur un “piano préparé”. Qu’est-ce que c’est?
B.D.: On place des objets entre les cordes. John Cage (qui a inventé cette méthode) le faisait en métal. Moi, j’utilise le bois ou des gommes pour ne pas l’abîmer. Ca donne des sonorités très différentes et rend le piano encore plus percussif. Souvent je le fais pour quatre notes seulement.

F.-A.: Où aimez-vous jouer le plus?
B.D.: En France, il y a maintenant 280 festivals de jazz, dont 40 qui sont susceptibles de me programmer. Je joue en Scandinavie, en Belgique, au Canada, au Japon. Bien sûr j’aime venir aux USA—c’est le pays qui a inventé le jazz. Mais ce n’est pas toujours évident d’obtenir un visa de travail—vraiment. Je suis content de pouvoir faire cette tournée.

www.delbecq.net/bd/bd2.html
www.myspace.com/benoitdelbecq

Benoît Delbecq en concert :
Le 17 septembre à la Corcoran Gallery of Art à Washington
Le 20 septembre au festival Crossing the Line à New York

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