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Benoît Duteurtre: le rire anti-système

Pour cette deuxième édition de la rentrée 2008 de « French Literature in the Making », la Maison Française de NYU et son hôte voyageur, le journaliste Olivier Barrot, ont invité, lundi 13 octobre, Benoît Duteurtre à dialoguer sur son parcours littéraire.

A 41 ans, Benoît Duteurtre a des airs de Tom Sawyer, avec ses yeux bleus rigolards et ses dents du bonheur. Ce polisson de l’édition, chantre de la désuétude et de l’anti-système, est l’un des rares romanciers français contemporains à avoir trouver écho de ce côté ci de l’Atlantique, en imposant deux de ses sept romans, – Service clientèle et la petite fille à la cigarette -, traduits en anglais, jusque sur les rayonnages de Barnes&Noble. Une performance donc, puisque comme le rappelle Olivier Barrot, ces auteurs là se comptent sur les doigts de deux mains.

Si Duteurtre plaît autant aux Américains, c’est peut être justement parce qu’il refuse catégoriquement d’adhérer au tacite dogme du modernisme français, qui voudrait voir les auteurs se concentrer scientifiquement sur un sens de l’écriture et accoucher méthodiquement de formes nouvelles en oubliant parfois, souvent, de raconter des histoires. Non, Duteurtre, lui, aime raconter des histoires, et farfelues, et absurdes, et « picaresques » si possible ! Il emprunte à Marcel Aymé son goût du glissement vers l’irréel, et à Samuel Beckett (avec lequel, alors jeune auteur -et manutentionnaire au BHV-, il entretint une correspondance soldée par une première publication) son regard amusé sur un monde moderne plein d’absurdes contradictions.

« J’ai appris à écrire à l’envers. J’ai cherché, en apôtre de la modernité, à déstructurer l’écriture avant de la maîtriser. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse c’est de décrire le quotidien », déclare ce défendeur de ce qu’il appelle la « littérature de basse cour ». Le fil conducteur de ses romans, depuis Tout doit disparaître, qui raconte les pérégrinations d’un apprenti journaliste, à Les pieds dans l’eau, publié il y a tout juste deux mois chez Gallimard, et où il use de l’autobiographie comme miroir au temps qui change, c’est ce moment flou où la modernité, comme volonté libératrice, se meut elle-même en un système tyrannique. La légerté pensée, voilà l’arme dont se sert ce romancier-mousquetaire pour faire la nique à une modérnité qui se prend souvent trop au sérieux.

Service clientèle (Gallimard) / Customer Service (Melville House)
La petite fille et la cigarette (Gallimard)/ The little girl and the cigarette (Melville House)

 

Information Pratique :
“French literature in the Making”,
Maison française de NYU,

16 Washington Mews, NY, NY 10003

Prochaine conférence : Marie Minier, le 10 novembre 2008

 

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