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Benoit Jacquot ou l’épreuve du lien amoureux

Au Fond des Bois marque la quatrième collaboration entre Benoît Jacquot et sa muse, Isild Le Besco. Tiré d’un fait divers du 19ème siècle, ce film poignant est projeté dans le cadre du  festival « Rendez-vous with French cinema » à New York. Ce long-métrage est une interrogation sur la passion humaine.

Il y a une telle tendresse dans le regard et dans voix de Benoît Jacquot  que l’on se demande si  l’homme timide qui se présente à l’interview est bien le réalisateur d’Au Fond des Bois. Le film relate, avec une intensité déstabilisante, le fait divers de Joséphine (Isild Le Besco), une catholique pratiquante du 19ème siècle, qui va suivre “au fond des bois”, Timothée (Nahuel Perez Biscayart), un vagabond au passé trouble. “En découvrant ce fait divers par hasard, j’ai eu l’impression que c’était un film qui m’attendait”, explique Benoît Jacquot.

Brutal et lumineux, ce long-métrage magnifie le lien amoureux entre deux êtres, hors contexte social. Le désir et la dépendance s’entremêlent si subtilement que Joséphine n’est ni tout à fait victime de ce personnage trouble, ni complètement sa maîtresse. “Le film ne tranche jamais car je ne sais pas pourquoi on suit quelqu’un”, révèle-t-il. ” Cela m’intéressait de faire de cette énigme, l’objet d’un film.” Pour Benoît Jacquot, ce flux tendu de sentiments aussi violents que contradictoires reste “une histoire d’amour étrange, qui se déroule d’une façon tout aussi étrange, et que je laisse à son étrangeté.”

Romantisme nord-américain

Ce film marque aussi la quatrième collaboration entre Benoît Jacquot et Isild Le Besco. Depuis le film Sade en 2000, le réalisateur explique qu’il a régulièrement “besoin de revenir à elle à travers un film, comme pour prendre des nouvelles de sa personne et de son état d’actrice.” Cette dernière, magnétisante à l’écran, incarne une jeune femme à la fois forte et naïve, troublante en tous points de vue.

Ancré dans la France puritaine du 19ème siècle, Au fond des bois évoque une société qui ne peut appréhender le désir amoureux et les fantasmes d’une femme. L’institution judicaire décide pour Joséphine – et pour le spectateur – de la culpabilité de Timothée. Le procès évoque une pièce de théâtre dans laquelle Joséphine se met en scène, tout de rouge vêtue. “Elle souhaite effacer ce qui s’est passé dans les bois. Elle souhaite retourner à un état virginal, aux yeux des autres et de la loi”, selon Benoît Jacquot. Au fond des bois montre des lieux “beaux mais durs, des lieux violents. C’est un monde très âpre”. “Cela m’évoque un certain romanesque nord-américain”, conclu-t-il.

Pour son prochain film, c’est encore une femme qui tiendra le rôle central. Dans Les adieux à la Reine,  Léa Seydoux incarnera la deuxième lectrice de la Reine Marie-Antoinette (Diane Kruger) quand la monarchie tombe, entre le 14 et le 16 juillet 1789 à Versailles. Premiers claps dans deux mois.

 



AU FOND DES BOIS : BANDE-ANNONCE by baryla

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