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Bernard Giraudeau, un être “lumineux” qui manquera à tous

“Belle gueule” du cinéma français dont l’inoubliable regard azur captivait à l’écran, homme en quête d’absolu qui s’est “battu comme un héros” contre le cancer, l’acteur Bernard Giraudeau était un être “lumineux”, pour tous ceux qui lui ont rendu hommage samedi.

“C’était un lion, Bernard” a déclaré l’actrice Anny Duperey, mère de ses deux enfants, qui partagea longtemps sa vie. “Je pense que s’il y a un regret à avoir sur sa carrière, c’est qu’il aurait pu, à l’âge qu’il avait, au théâtre, donner son meilleur dans des grands rôles qu’il n’a pas eu le temps de jouer”, a-t-elle estimé, rappelant que la maladie qui a emporté Bernard Giraudeau à 63 ans l’avait forcé en 2005, à abandonner la pièce Richard III de Shakespeare qu’il jouait sous la direction de Didier Long. “Ce rôle emblématique recouvrait tout ce que Bernard avait envie de défendre, de générosité, de puissance, de complexité vis-à-vis de la destinée humaine”, a déclaré le metteur en scène.

Nombre de personnalités du cinéma ou de la politique ont rendu hommage au comédien, réalisateur et écrivain bourlingueur et à son exemplaire combat contre le cancer.
”Il s’est battu comme un héros qu’il était. Il était exactement ce que nous devrions tous être”, a déclaré son ami l’acteur Pierre Arditi, regrettant “un homme profond, ce que l’on appelle un homme avec une grande fragilité”.
”Je l’ai vu il y a quelques jours, il était une ombre, évidemment. Il était d’une minceur impressionnante, mais il y avait son regard”, a raconté l’animateur Michel Drucker. “Il m’a dit +Tu vois, je rentre au port, comme La Jeanne d’Arc+”, a-t-il poursuivi, faisant allusion au navire de la Marine nationale sur lequel cet ancien marin, sportif accompli, avait sillonné le monde avant d’avoir 20 ans.

Bernard Giraudeau avait “si longtemps et si vaillamment, élégamment, repoussé l’échéance qu’on avait fini par croire qu’il allait l’emporter sur le mal” a souligné Pierre Lescure, président des Molières. “Hélas, non ! Evidemment, non”.
Le réalisateur Alexandre Arcady qui l’a dirigé dans “Le grand pardon” (1982) s’est souvenu de son charisme : “Il était lumineux. C’était la belle gueule du cinéma français. On avait envie de le filmer. Il y avait une espèce d’éclat dans son regard, dans sa façon de jouer”, a-t-il dit.
”Il avait un côté solaire et il avait envie, je crois, d’exploser de toutes les manières”, a dit le cinéaste Yves Boisset, qui l’avait fait tourner dans “Le juge Fayard” (1976).

La disparition de cet enfant de La Rochelle – amoureux de la mer, petit-fils de cap-hornier, il y était né en 1947 -, a endeuillé le festival des Francofolies qui s’achève samedi soir. “Nous avons une pensée immédiate, très émue pour Bernard Giraudeau (…) qui avait participé à la première édition des Francofolies en 1985 aux côtés de Jean-Louis Foulquier, leur fondateur”, a déclaré Gérard Pont, qui a repris la direction du festival en 2004.

Tôt samedi, les hommages ont afflué de tout l’échiquier politique. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a salué un “grand comédien” et un “homme de coeur et de caractère”, qui a combattu sa maladie avec un “courage vraiment admirable”. “Avec lui, disparaît un homme attachant et populaire aux multiples facettes artistiques, qui avait aussi comme passion l’amour de la mer”, a déclaré le président Nicolas Sarkozy.

La première secrétaire du Parti socialiste a salué un “très grand acteur”, “combatif et fragile” et le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, “un artiste qui s’est battu en tout domaine, en amoureux de la vie”.

 

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