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Bocuse d’Or : Les Américains en ébullition

Ce week-end, les Bocuse d’Or USA se dérouleront au Culinary Institute of America à Hyde Park, NY. Le vainqueur représentera les États-Unis en 2011 à Lyon lors du Bocuse d’Or international, un trophée jamais remporté par un Américain. Jennifer Petrusky qui officie dans les cuisines de Charlie Trotter’s à Chicago et seule femme de l’affiche, sera un des douze chefs en lice.

Depuis le 1er janvier, très tôt le matin, avant son service au restaurant Charlie Trotter’s de Chicago où elle est sous-chef, Jennifer Petrusky s’entraîne en compagnie de James Caputo qui sera son commis pendant la compétition. « J’étais moi-même commis l’an dernier explique la jeune femme. J’ai pu voir comment ça marchait de l’intérieur. »

Cette année elle a été sélectionnée par le prestigieux trio Daniel Boulud, Thomas Keller et Jean-Paul Bocuse, les directeurs de la fondation Bocuse d’Or USA, créée en 2008 spécifiquement pour rémédier à une anomalie : depuis 1987, la première édition de la compétition, aucun chef américain (ni aucune femme d’ailleurs) n’a inscrit son nom au palmarès du Bocuse d’Or international, ni même mis la main sur l’argent et le bronze (la France a gagné six fois). « Il faut dire que les autres pays prennent vraiment ça beaucoup plus au sérieux que nous », explique Jennifer qui souligne que « certains chefs se voient offrir la possibilité de se préparer à plein-temps pendant un an ».

Interrogée sur ses points forts, la jeune femme formée au Cordon Bleu College of Culinary de Minneapolis-Saint Paul, répond qu’elle n’a pas vraiment de domaine réservé : « Je pense que je suis là pour tout apprendre », s’exclame-t-elle, très honorée de participer à la finale américaine. « Paul Bocuse est une telle référence. C’est vraiment un défi personnel et l’occasion de voir ce que j’ai dans le ventre ! »
La jeune Américaine n’est clairement pas du genre à se laisser impressionner à l’idée d’être la seule femme parmi les chefs en lice. « J’ai tellement l’habitude de rentrer dans des cuisines où les hommes sont majoritaires que cela ne changera pas grand chose. J’évolue de toute façon dans un univers très masculin ».
Jennifer Petrusky préfère se concentrer sur ce qui l’attend samedi dans le gymnase du Culinary Institute of America où, devant le public, elle devra préparer une série de plats ­au thème du jour, saumon et agneau – et d’accompagnement, le tout en cinq heures et demi. Seront jugés par un panel de 15 chefs, dont Laurent Tourondel : le goût, la présentation mais aussi l’organisation en cuisine.
« Une des difficultés est de gérer le temps. Et puis on n’a vraiment pas droit à l’erreur. Si vous coupez un aliment de la mauvaise façon, c’est fini. On vous donne une seule chance. Vous devez être très précis. »

Jennifer Petrusky fêtera son 23e anniversaire le 5 février, la veille de la finale américaine. Un billet d’avion pour Lyon ferait un bien joli cadeau.

Infos pratiques :

Les 5 et 6 février séminaires et démonstations.

Samedi 6 février : Bocuse d’Or USA – Ouvert au public.

Culinary Institute of America, Hyde Park, NY

www.ciachef.edu

www.bocusedorusa.org

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