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Bouclier fiscal : Nicolas Sarkozy persiste et signe

Nicolas Sarkozy a reçu mercredi les députés UMP, dont il a douché les ardeurs sur le bouclier fiscal en leur signifiant qu’il était hors de question de revenir sur ce symbole du quinquennat. Mais “un petit effort”, sera demandé lors de la réforme des retraites.

La rencontre s’est déroulée en fin de journée à l’Elysée, quelques heures après le retour du président de son voyage aux Etats-Unis. Elle était le point d’orgue d’une séquence qui a vu la majorité “crever l’abcès” après la débâcle des régionales, tout en tentant de resserrer les rangs. Le président a d’ailleurs tenu à affirmer qu’il avait “une totale confiance” dans son Premier ministre. “Ce ne sont pas les journalistes qui nous brouilleront”, a-t-il dit.

Un grand nombre d’élus UMP réclament de plus en plus ouvertement un aménagement, une suspension, voire la suppression du bouclier fiscal. 13 élus UMP avaient d’ailleurs annoncé juste avant la rencontre le dépôt d’un texte sur la suspension du dispositif.

Le chef de l’Etat leur a opposé une fin de non-recevoir en lançant: “Ne touchez pas au bouclier fiscal !”. Pas question non plus d’extraire la Contribution sociale généralisée et Contribution et la Contribution pour le Remboursement de la Dette sociale du bouclier fiscal. “Nous ne changerons pas de politique économique”.

Selon les députés UMP, il a toutefois promis qu'”un petit effort [serait] demandé au moment de la réforme des retraites” sans préciser ses intentions. Les élus ont compris que cet effort fiscal concernerait aussi ceux qui bénéficient du bouclier fiscal.

Des députés UMP sarkozystes indiquaient dans la journée que l’exécutif, opposé à tout accroissement de l’imposition des revenus du travail, se montrerait ouvert à des mesures visant à taxer davantage les revenus financiers et à revoir les niches fiscales.

Il a également enjoint aux députés UMP de ne pas revenir sur la règle du non-remplacement “d’un fonctionnaire sur deux” partant à la retraite. Certaines voix demandent qu’elle soit assouplie, notamment dans la police.

“Soyez tenaces, soyez combatifs. Je ne cède rien”, a encore déclaré M. Sarkozy, qui entend “poursuivre les réformes”. “Les Français ont besoin de stabilité, de repères et de solidité. Nous sommes dans une période où il ne faut ni autisme ni surréaction”, a-t-il ajouté. “C’est comme une chute au ski. Celui qui chute et qui se crispe se fait encore plus mal”, a-t-il plaisanté.

Nombre d’élus attendaient aussi de la rencontre d’être rassurés. De l’avis général, l’ambiance était “bonne” et “calme” dans la Salle des Fêtes de l’Elysée, la réunion s’achevant par un cocktail. “Le président a convenu de revoir les parlementaires une fois par mois”, s’est félicité Jérôme Chartier.

“C’est une réunion politique qui visait à redonner confiance et à panser les plaies”, a commenté la villepiniste Marie-Anne Montchamp. Elle a ironisé sur un scénario “remarquablement huilé” et “l’habileté tactique” du chef de l’Etat, interrogé par Jacqueline Irles sur l’actuel “désamour”. Le président a d’ailleurs rétorqué à ce propos: “je ne suis pas là pour être aimé ou mal aimé, je suis là pour faire”.

M. Sarkozy est au plus bas dans les sondages depuis 2007, avec une côte de confiance de 28% selon TNS Sofres Logica pour Le Figaro Magazine.

Longtemps fidèle parmi les fidèles, Thierry Mariani a cassé quelque peu cette ambiance de “reconstruction”, refusant de venir à la réunion. “Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses”, avait-il affirmé à dans l’après-midi, sans plus de précisions.

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