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BP décidera aujourd’hui si elle tente de boucher le puits de pétrole

La compagnie pétrolière BP décidera aujourd’hui si elle injecte de la boue et du ciment sous haute pression dans le puits de pétrole à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique afin de le fermer, a annoncé mercredi matin sur CNN le directeur général de la société, Tony Hayward. « Nous prendrons une décision dans le courant de la journée, » a dit M. Hayward sur la chaîne de télévision américaine.

L’opération consiste à injecter de la boue et des liquides dans le puits situé à 1 500 mètres de profondeur afin de réduire la pression, puis à le boucher avec du ciment. Si elle était tentée, ce serait la première fois que cette opération serait réalisée à une telle profondeur. « Tout a l’air de marcher, mais nous n’avons pas encore réuni toutes les données dont nous avons besoin » pour procéder à l’opération, a ajouté Tony Hayward. « Plus tard aujourd’hui, je réunirai mon équipe et nous déciderons si oui ou non nous conduisons l’opération ».

Certains experts estiment que cette procédure est la seule solution à court terme qui reste au géant pétrolier pour arrêter l’hémorragie de brut qui souille les eaux du golfe du Mexique depuis plus d’un mois.

Par ailleurs, l’explosion le 20 avril de la plate-forme de BP dans le golfe du Mexique a été précédée de trois signes avertissant de l’imminence d’un danger dans l’heure précédant l’explosion, ont révélé mardi des élus américains.

Selon les représentants Henry Waxman et Bart Stupak, citant un rapport interne à BP, le premier avertissement est arrivé « 51 minutes avant l’explosion ». Il s’est déclenché car « la quantité de liquides sortant du puits est devenue plus importante que celle pompée à l’intérieur du puits ».

Dix minutes plus tard, un autre signal s’est déclenché. Bien qu’il ait été fermé pour effectuer un test, « le puits a continué à s’écouler et la pression dans le conduit de forage a augmenté de façon inattendue ».

Le dernier avertissement est intervenu 18 minutes avant l’accident, ont expliqué les parlementaires. À ce moment-là, « une pression anormale » a notamment été observée et a conduit à la fermeture de la pompe. L’explosion qui a secoué la plate-forme a fait 11 morts. L’installation a sombré le 22 avril.

La Maison Blanche a annoncé mardi que M. Obama se rendra vendredi en Louisiane afin d’« évaluer » les opérations de lutte contre la marée noire. Ce sera le deuxième déplacement du président américain dans la région depuis le début de la crise.

Interrogée mardi par la chaîne américaine ABC pour savoir si cette catastrophe constituait la pire marée noire de l’histoire des États-Unis, la responsable des questions d’environnement à la Maison Blanche, Carol Browner, a répondu : « Malheureusement, je crois qu’il n’y a aucun doute la-dessus ».

Jusqu’à présent, la pire marée noire aux États-Unis remontait à mars 1989 lorsque le pétrolier Exxon Valdez avait heurté un récif dans la baie du Prince William (Alaska), déversant quelque 38 800 tonnes de pétrole.

Le fragile écosystème des marécages de Louisiane (sud) est un lieu de reproduction pour les poissons, crabes et crevettes qui représentent 2,4 milliards de dollars par an pour l’industrie de la pêche et du tourisme.

Au marché de Biloxi, une ville côtière de l’État voisin du Mississippi, le prix des crevettes a augmenté de 10 % depuis le début de la crise, selon des vendeurs interrogés par l’AFP.

« Si le pétrole arrivait sur les côtes au nord, cela pourrait devenir un gros problème », explique Scott Mareno, alors que les autorités américaines ont étendu mardi à 22 % la portion des eaux territoriales américaines interdites à la pêche dans le golfe du Mexique.

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