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BP étudie une nouvelle solution pour boucher définitivement le puits

BP étudiait mardi la mise en oeuvre d’une nouvelle solution pour boucher définitivement le puits responsable de la marée noire, au moment où les agissements du groupe britannique étaient au coeur d’entretiens à Washington entre Barack Obama et David Cameron.

Baptisée “Static kill”, l’opération que BP voudrait lancer ressemble fort à celle tentée, sans succès, fin mai. Concrètement, cette nouvelle solution consiste à injecter une solution faite d’eau et de matières solides à basse pression dans un conduit passant par la valve anti-explosion du puits, puis de le sceller avec du ciment. BP estime que ses chances de réussite sont, cette fois-ci, plus élevées que lors de l’essai précédent, car le pétrole a cessé de s’écouler. Dès lors, la solution injectée n’aura pas à lutter contre la pression exercée par le mélange de brut et de gaz qui s’échappe de la fuite.

Une décision sur le lancement de l’opération pourrait être prise d’ici le milieu de la semaine, a indiqué BP, soit bien avant que le premier puits de dérivation -censé totalement arrêter la fuite de pétrole- soit achevé, à la fin du mois. La manoeuvre serait possible grâce à la pose d’un entonnoir sur le puits la semaine dernière, qui permet depuis jeudi d’empêcher que des millions de litres de pétrole ne se répandent chaque jour dans le golfe du Mexique. L’administration américaine a prolongé jusqu’à mardi une phase de test de cet entonnoir visant à repérer l’éventuelle présence de fuites qui compromettraient la sécurité du dispositif.

La marée noire, provoquée par le naufrage le 22 avril de la plateforme Deepwater Horizon exploitée par BP, et ses conséquences étaient au menu des discussions entre le Premier ministre britannique et président américain mardi matin à la Maison Blanche. Drôle de climat pour David Cameron qui effectue sa première visite officielle à Washington alors que l’opinion américaine est majoritairement hostile à BP. Washington et Londres ont toutefois assuré que le sujet ne troublerait pas la relation privilégiée qui unit les deux alliés. “Le président (Obama) cherche évidemment à ce que BP remplisse ses obligations et paie pour les dommages et les amendes qui seront infligées”, a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs. “Mais je crois que c’est également ce que dit le Premier ministre (Cameron)”. “BP doit faire tout ce qui est nécessaire pour boucher le puits, nettoyer la marée noire et payer les indemnisations”, a abondé mardi M. Cameron sur la radio américaine NPR. “J’ai rencontré (les dirigeants de) BP. Je sais qu’ils veulent le faire et qu’ils le feront”.

M. Cameron a néanmoins souligné l’importance de garder BP solvable, le groupe constituant la colonne vertébrale de fonds de pension britanniques. Si ce n’était pas suffisant, BP fait également l’objet d’interrogations aux Etats-Unis quant à son rôle dans la libération par la justice écossaise du Libyen Abdelbaset al-Megrahi, condamné en 2001 à la prison à vie pour l’attentat contre un avion au-dessus de Lockerbie. David Cameron, qui a affirmé que sa libération en 2009 avait été “une erreur complète et totale”, a accepté de rencontrer mardi quatre sénateurs américains qui souhaitent obtenir des éclaircissements sur d’éventuelles pressions de BP, désireux d’obtenir des contrats en Libye, dans le dossier.

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