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BP n’agit plus seul sur le front de la marée noire

Le géant pétrolier BP se donne 24 heures pour canaliser le pétrole qui s’échappe dans le Golfe du Mexique, grâce à un dispositif d’entonnoir. Une nouvelle tentative surveillée de près par l’administration Obama. La situation est telle que les États-Unis ont fait appel à l’aide internationale afin d’obtenir des équipements pour pomper le pétrole.

Doug Suttles, le directeur d’exploitation de BP a dit son espoir que la fuite de pétrole puisse être contenue « dans les prochaines 24 heures » grâce à la pose d’un « entonnoir » sur le gisement. Le dispositif est censé récupérer le brut qui s’écoule à 1 500 mètres de profondeur pour le stocker sur un bateau qui mouille en surface.

Mais, a prévenu Carol Browner, la conseillère de Barack Obama pour les questions d’énergie et de changement climatique, le risque est réel que la nouvelle opération augmente, du moins temporairement, de 20 % le volume de brut qui se déverse dans la mer.

Pour espérer mettre un terme à l’écoulement de pétrole, il faudra toutefois attendre le mois d’août et la pose de puits de secours, indiquent de concert l’administration et les responsables de BP. Le gouvernement se montre de plus en plus impliqué dans la lutte contre la marée noire, après que de nombreuses critiques aient dénoncé la liberté laissée à BP dans sa gestion de la catastrophe, et les liens entre l’administration et les industries pétrolières.

À ces défis techniques s’ajoute la composante météorologique, puisque mardi a commencé la saison des ouragans, que les experts prédisent particulièrement active. « Si les ouragans atteignent le golfe du Mexique, le navire (chargé de recueillir le brut) ne pourra plus rester, ce qui veut dire que le flux ne sera pas atténué », a déploré Mme Browner. Le vent pourrait aussi pousser le brut à l’intérieur des marais de Louisiane et endommager son écosystème fragile.

Les gardes-côtes ont par ailleurs assuré mardi que le pays manquait d’équipements spéciaux pour récupérer le pétrole à la surface de l’eau et qu’ils avaient demandé l’aide internationale.

Le commandant des gardes-côtes, l’amiral Thad Allen, a précisé au cours d’un point de presse que ce qui manquait le plus était des pompes pour récupérer le pétrole à la surface de l’eau.

« Certains équipements dont nous avons le plus besoin en ce moment sont des équipements pour pomper le pétrole », a-t-il dit, ajoutant que des demandes d’aide avaient été adressées aux Pays-Bas, au Canada et au Mexique notamment. « Nous sommes en train d’étudier les propositions étrangères d’assistance », a ajouté l’amiral Allen.

Le président américain Barack Obama a reconnu vendredi dernier lors de son deuxième déplacement en Louisiane – État du sud du pays le plus touché par la marée noire – que le nombre de barrages anti-pétrole était limité. « Nous allons essayer d’en faire fabriquer d’autres, mais cela va prendre du temps », avait-il lancé.

Des barrages flottants ont été déployés le long des côtes américaines menacées par la marée noire, mais le succès recherché – tenir le brut à distance des côtes – n’est pas toujours au rendez-vous, notamment lorsque le temps est mauvais et que le pétrole passe avec les vagues au-dessus des installations.

M. Suttles, directeur d’exploitation de BP, a souligné que les dépenses engagées par le groupe pour lutter contre la catastrophe avaient franchi « le cap du milliard de dollars ». BP s’est effondré (-13,10 %) mardi à la Bourse de Londres, les investisseurs s’alarmant de l’échec ce week-end de sa dernière tentative pour arrêter la fuite, qui consistait à cimenter le puits.

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