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Bruit de la ville et bitume, la danse contemporaine du Financial District

Le chorégraphe canadien Paul-André Fortier offre aux New-Yorkais son Solo 30×30 sur l’esplanade du One New York Plaza. Trente minutes de danse contemporaine, pendant 30 jours, à la même heure et au même endroit. Une performance assidue, à midi pile, jusqu’au 14 août.

Pluie, canicule ou fatigue, rien n’empêche Paul-André Fortier, chorégraphe canadien, de venir chaque jour du 16 juillet au 14 août présenter son Solo 30×30. Trente minutes de danse contemporaine sont offertes à midi sur l’esplanade du One New York Plaza. Une performance organisée dans le cadre du River to River Festival, en partenariat avec le Joyce Theater et l’Arts Brookfield Properties.

Depuis sa création en 2006, Solo 30×30 a parcouru le monde entier. C’est un réel défi pour Paul-André Fortier. En dehors des conditions météorologiques et de la contrainte physique, la concentration est le point essentiel de cet exercice. Malgré la proximité, le danseur doit faire abstraction des passants ou de ce qu’il entend pendant sa performance pour ne se focaliser que sur ses pas.

Au cœur de l’immense quartier d’affaires, le danseur se meut dans un espace limité par un carré de bandes blanches. Pour seule musique, les bruits de la ville. Klaxons, sirènes et chantiers environnants rythment les pas de Paul-André Fortier. Les New-Yorkais redécouvrent des sons qu’ils avaient appris à oublier. « L’endroit me plaît, explique le chorégraphe, car on ne s’attend pas à y voir un homme danser. J’en ai marre des esplanades de musées et des galerie d’art, je veux du trash ou des lieux d’argent comme celui-ci ». Inscrite dans le cadre urbain, la performance n’est pas interactive, son but est simplement de faire revivre la ville.

Sa danse illustre la volonté de l’Homme à s’intégrer dans la société, à trouver sa place parmi les autres. Bras tendus vers l’extérieur de la scène improvisée, Paul-André Fortier lance une invitation au monde.  Il commence tout en souplesse et fluidité pour aller vers des mouvements brusques et violents. À la limite du combat, l’homme perd la tête et se recentre. Paul-André Fortier donne des mouvements brusques du bras, la tête tombante. Le désir de partage et d’intégration s’écrase sur la froideur des éléments qui l’entourent.

Les touristes et les hommes d’affaires du quartier se plaisent à s’arrêter quelques instants. Des curieux apparaissent même au travers des fenêtres des immeubles. « C’est étonnant, car contrairement aux préjugés, beaucoup d’hommes viennent regarder la pièce », s’amuse Paul-André Fortier. Il n’est pas rare qu’il reconnaisse quelques visages d’une représentation à l’autre. Le chorégraphe estime son but accompli lorsqu’il entrevoit une émotion dans les yeux de ses spectateurs.

Paul-André Fortier recevra en novembre prochain la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, en reconnaissance de la qualité de son travail. Après New York, le Solo 30×30 s’installera à Liège, pour éveiller la Métrople culture 2010 à la danse.

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