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Bye bye CBGB : hommage à l’underground new-yorkais

Le décorateur et plasticien Bruno Hadjadj a documenté les derniers instants du mythique club punk new-yorkais, le CBGB. Des photographies et des croquis de ce monument de l’underground sont à découvrir à la Clic Gallery de New York.

Patti Smith, Television, The Ramones… Tous sont passés par le CBGB, le célèbre “music club” du Lower East Side. Bruno Hadjadj en a documenté les dernières heures, le 15 octobre 2006. L’artiste plasticien et décorateur a créé un livre hommage, Bye bye CBGB, qui mêle textes sur la tristesse qui a subitement envahi le quartier, croquis et photographies du public de jeunes tatoués et percés. Ses œuvres originales sont exposées à la Clic Gallery jusqu’à la fin du mois, à deux pas de l’ancien CBGB. Entretien.

France-Amérique : Bye bye CBGB consacre une large place à une dénommée Flo. Qui est-elle ?

Bruno Hadjadj : Flo est une Bretonne exilée et l’un des piliers du CBGB. Elle est arrivée à New York dans les années 1970. Sa babysitter l’a emmenée en cachette au CBGB. Elle n’a jamais décroché. Elle est l’étincelle à l’origine du projet. Elle était aussi l’une des organisatrices des matinées du CBGB : tous les dimanches, gamins et adultes venaient y écouter gratuitement du punk rock. Le 15 octobre 2006, je passais en taxi devant le CBGB, sans savoir qu’il vivait ses dernières heures. Je pensais même qu’il était déjà fermé à l’époque. J’ai vu une foule, j’ai demandé à Flo ce qui se passait, et comme elle connaissait tout le monde, les gens sont venus autour de nous et chacun a commencé à raconter ses souvenirs.

Quels étaient ces souvenirs ?

Ils se remémoraient les groupes qui y étaient passés. C’était généralement des groupes absolument pas connus, qui n’auraient plus d’endroit où jouer. Au CBGB, moins vous saviez jouer, meilleur vous étiez. C’était souvent très expérimental, comme une grande piscine où même les gens qui ne savaient pas nager se jetaient à l’eau.

Vous avez beaucoup fréquenté le CBGB avant qu’il ne ferme ?

J’ai habité à New York à la fin des années 1980 et à la fin des années 1990 à un bloc du CBGB, sur Bowery Street. Quand je ne savais pas quoi faire, j’y allais, c’était un vrai espace de liberté, c’est cette perte qui a attristé tout le monde. Ce quartier était plein de sans-abri, de dealers de crack et de drogués, c’était un peu le club des gens fauchés, même s’il y avait un sacré mélange à l’intérieur.

Vous finissez votre livre par la devise du club : « Do it your way and fuck everybody else ». Appliquez-vous cette maxime ?

Ça reste une philosophie de vie qui me parle. Ne pas se soucier du regard des autres…

Vos séjours à New York vous inspirent-ils encore ?

Je reviens toujours régulièrement, c’est très inspirant. C’est la meilleure scène artistique du monde. Mon travail aussi a toujours un petit côté underground. Je travaille beaucoup autour des villes. J’ai documenté la vie des strip-teaseuses et des drogués. J’ai aussi réalisé un long métrage sur les exclus des villes, qui vivent au bord des autoroutes et n’intéressent personne. D’ailleurs mon film n’a pas intéressé grand monde (rires).

Plus d’informations :

Exposition à la Clic Gallery jusqu’au 28 février. 255 Centre Street à New York

Site de l’artiste : http://www.bhadj.com/

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