Subscribe

C.V. et entretien d’embauche

Le marché du travail américain attise les convoitises, mais les places sont chères et particulièrement instables. Le dynamisme de l’emploi aux Etats-Unis s’accompagne en effet d’une flexibilité qui peut s’avérer redoutable : le turnover est la règle, et la notion de sécurité de l’emploi n’a pas beaucoup de sens dans un système où le salarié peut être remercié sans préavis. En revanche, les salariés appréciés sont « chouchoutés » par leur entreprise, car le dynamisme du marché attise les convoitises.

L’embauche

Attention au politiquement correct, qui encadre les conditions d’embauche aux Etats-Unis. En effet, les lois anti-discriminatoires sont particulièrement strictes et doivent être prises en compte par un candidat français : la nationalité, l’âge ou la situation familiale sont à bannir du CV, tout comme la photo.

Le « Resume » américain

« Resume » est le terme utilisé aux Etats Unis pour désigner le CV. Le CV doit être clair et mettre en valeur ce que le candidat peut apporter à l’entreprise, grâce à son expérience et à ses compétences.

Il existe deux types de CV aux Etats-Unis : chronologique ou fonctionnel. Un CV “Resume” Chronologique présente l’expérience du candidat de la plus récente à la plus ancienne, et permet d’insister sur les qualifications pour le poste envisagé. Un CV “Resume” fonctionnel est recommandé lorsque le candidat a une courte expérience ou qu’il a changé fréquemment de postes.

La lettre de motivation (cover letter) ne suit pas les mêmes règles qu’en France. La graphologie est interdite par la loi dans de nombreux Etats américains : quelques lignes dactylographiées pour accompagner le CV suffiront. La cover letter doit expliciter la démarche du candidat. Celui-ci pourra notamment expliquer les raisons qui ont motivé sa candidature, en adaptant son message à l’entreprise visée. Attention !  La cover letter n’est pas votre CV rédigé : essayez de mentionner des nouvelles informations dedans.

Par peur d’un procès pour discrimination ou harcèlement sexuel, les recruteurs s’astreignent à de nombreux codes lors de l’entretien d’embauche : deux personnes au moins sont présentes, et l’entretien se portera avant tout sur l’expérience, non sur la personnalité du candidat.

L’entretien d’embauche à l’américaine

L’avis d’Alexis de Bretteville, Directeur Amérique de Michael Page International, cabinet de conseil en recrutement de cadres.

Les Américains sont très bons pour se vendre. Ils sont habitués très jeunes à prendre la parole en public. Tout leur système d’éducation est basé sur l’auto-estime, sur la confiance en soi. On célèbre  leurs succès, et ils positivent tout le temps, même dans l’échec.  Cette attitude fait leur force parce qu’ils ne doutent pas. C’est complètement différent en France, où l’on cherche avant tout à améliorer ses défauts. Ici, on n’en parle jamais : on met en avant les qualités, et tout est tourné vers l’avenir.

Par conséquent, ils sont très forts en entretien, très positifs, commerciaux. Mais quand vous leur demandez où ils ont échoué, ils sèchent, parce qu’ils n’ont pas l’habitude de se poser ce genre de questions. En France, cette manière de se vendre, de se mettre en avant en parlant de ses réussites sans aucun complexe passerait pour présomptueuse. Il est donc très important de comprendre avant un entretien qu’il n’y a pas de place pour l’échec ou pour le doute : c’est une force énorme pour les Américains.

En revanche, parfois, ils manquent un peu de finesse et de créativité : les Français ont cette réflexion sur eux-mêmes, cette auto-analyse permanente qui leur permet de trouver des éléments que les Américains n’iront pas chercher. Cette imagination, cette capacité de recul permet de convaincre un Américain, à condition de lui montrer que vous avez des résultats.

En trois minutes, il faut être capable de mettre en valeur ses trois principales qualités : vous devez avoir préparé un « elevator pitch » adapté pour faire la différence rapidement. Si ça marche, la discussion pourra continuer. Sinon, vous pouvez être dehors en cinq minutes. Si la discussion se poursuit, on en viendra ensuite à la sphère privée, principalement par le biais des hobbies. Ca permet notamment de mieux cerner la personnalité du candidat, tout en restant dans le cadre légal.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *