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Canada: un couple français menacé d’expulsion à cause de leur fille handicapée cérébrale

David et Sophie Barlagne, des Français menacés d’expulsion du Canada en raison d’un handicap cérébral de leur fille, ont lancé un appel au président français Nicolas Sarkozy et à la gouverneure générale Michaëlle Jean pour leur demander d’intervenir en leur faveur.

Leurs appels, publiés jeudi sur leur page Facebook, ont paru à la veille d’une visite à l’Elysée du Premier ministre canadien Stephen Harper.

Le seul espoir des Barlagne – dont la demande de révision judiciaire de leur dossier a été rejetée le 18 mai dernier par la Cour fédérale du Canada – repose sur une décision discrétionnaire du ministre canadien de l’Immigration Jason Kenney, qui pourrait revenir, pour raison humanitaire, sur l’inadmissibilité de leur famille au Canada.

Leur demande de résidence permanente avait été rejetée auparavant par l’administration parce qu’une de leurs filles, Rachel, âgée de 7 ans et atteinte de paralysie cérébrale, un handicap cérébral léger, est considérée comme un “fardeau excessif” pour les services sociaux canadiens.

“Un Canadien moyen coûte 4.806 dollars canadiens par an aux services sociaux (…). Rachel coûterait 5.259 dollars de plus”, a expliqué l’avocat de la famille, Me Stéphane Minson.

David Barlagne s’adresse à Nicolas Sarkozy et sa femme Sophie à Michaëlle Jean pour leur demander d’intercéder en leur faveur auprès de M. Kenney. “Je continue de penser que mes filles sont une richesse pour leur famille, pour le Canada et pour la France. Elles sont un don de Dieu et non un fardeau excessif“, écrit M. Barlagne. “Comment pourrai-je leur faire comprendre les raisons de notre expulsion d’un pays qu’elles considèrent être le leur ?”, ajoute-t-il.

Au départ, les Barlagne étaient des immigrants modèles : jeunes, dynamiques et diplômés. Ils ont réussi leur intégration au Canada où le père de famille, ingénieur informaticien, a créé sa propre société.

Ils vivent depuis cinq ans à Montréal. C’est au moment de déposer leur demande de résidence permanente que leur situation s’est compliquée. Une visite médicale s’est avérée catastrophique dans le cas de la petite Rachel.

La famille a essayé de contre-attaquer en justice, arguant d’une part qu’elle pourrait couvrir elle-même certains frais supplémentaires que nécessite l’éducation de la petite fille et d’autre part que la décision qui les frappe est discriminatoire donc inconstitutionnelle.

Mais la cour a calculé que les dépenses restant à la charge de l’Etat canadien seraient de toute manière supérieures au seuil admis et que l’agent des services d’immigration n’avait pas à juger la constitutionnalité de la loi, qu’il a appliquée correctement.

Le cas des Barlagne a suscité un vif intérêt des médias au Canada, pays d’immigration par excellence. Par ailleurs, un député de gauche québécois, Thomas Mulcair, a interpellé lundi dernier au parlement d’Ottawa le ministre Kenney, en l’appelant à prendre “la seule décision humaine possible” et laisser la famille demeurer au Canada.

Le ministre s’est refusé à discuter publiquement une affaire “privée”. “Tout le monde au Canada a accès à un système judiciaire très ouvert, très juste et tous les individus peuvent présenter leur demande et leur cas devant les cours du Canada”, a-t-il relevé.

 

La lettre de la famille Barlagne à Nicolas Sarkozy.

Le groupe Facebook de soutien à la famille.

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