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Ce que les Etats-Unis doivent à la France

David McCullough, écrivain américain récompensé à deux reprises par le prix Pulitzer, a enfin été traduit en français. Son livre The Greater Journey/Le voyage à Paris est un ouvrage historique sur ce que la France a enseigné aux Américains de passage.

Le voyage à Paris : les Américains à l’école de la France, 1830-1900, est le premier livre de l’écrivain à être disponible en France. Conseiller de Barack Obama et récipiendaire de deux prix Pulitzer pour ses écrits sur John Adams et Truman, David McCullough est considéré comme un maître américain de l’histoire narrative.

Le voyage à Paris se lit comme un roman, où l’on apprend qu’entre 1830 et 1900, des milliers d’Américains ont fait le voyage jusqu’en France pour y étudier et s’imprégner de la richesse culturelle. Ce séjour en France transformait les Américains et, de retour chez eux, ils transformaient l’Amérique.

Ces jeunes Américains étaient attirés par l’image de capitale culturelle mondiale de Paris. Les Etats-Unis de l’époque, en comparaison, manquaient de tout. Institutions, musées, écoles d’architecture ou de médecine : le Nouveau Monde restait à bâtir. D’après David McCullough, la France était l’exemple sur lequel il fallait se calquer pour les Américains, ce qui explique ces voyages à but de formation.

L’histoire contée au travers d’expériences personnelles

Le livre narre les parcours de plusieurs Américains. Samuel Morse arrive à Paris en tant que peintre et en repart inventeur. Elizabeth Blackwell, étudiante en médecine, fonde à son retour la première école de médecine ouverte aux femmes en Amérique. Charles Sumner Holmes, qui côtoie des étudiants noirs sur les bancs de la Sorbonne, prend conscience de l’injustice de la ségrégation dans son pays et deviendra un fervent opposant à l’esclavage. Mary Cassatt sera la première peintre étrangère à intégrer le groupe des impressionnistes.

En s’intéressant à trois générations distinctes, McCullough tisse l’histoire d’environ 20 personnages. Il accompagne son texte de brèves biographies et fournit des impressions distinctes de Paris, avant et après l’expérience du voyage. Deux chapitres sont ainsi consacrés à la préparation au départ et aux émotions ressenties par les protagonistes. “J’essaie de me mettre dans la peau des gens dont je raconte l’histoire”, a expliqué David McCullough à France-Amérique, au moment de la parution de son livre en anglais. “Je vais là où ils vont, je regarde l’immeuble où ils ont vécu, je marche où ils ont marché et je consulte leurs lettres et leurs journaux intimes.”

L’historien restitue avec beauté l’effervescence de Paris au XIXe siècle. Il s’intéresse aux personnages peu connus, comme par exemple Fenimore Cooper, auteur du Dernier des Mohicans, qui se chargent de nous apprendre ce que les Etats-Unis doivent à la France. L’écrivain ne tarit pas d’éloges sur leur audace et leur ambition. Rien ne les arrêta, et surtout pas la méconnaissance du français.

Le voyage à Paris : les Américains à l’école de la France, 1830-1900, traduit en français par Pierre-Emmanuel Dauzat. Editions Vuibert, Paris 2014.

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