Subscribe

Céline Clément, Front de Gauche : “La gratuité des Lycées Français à l’étranger est une mesure populiste”

Après deux ans d’expatriation au Canada, Céline Clément, professeur des universités à Strasbourg, a décidé de représenter les valeurs du Front de Gauche et du Parti communiste en Amérique du Nord. Forte de cette expérience au Canada, elle veut simplifier la vie des expatriés en permettant notamment un meilleur accès aux soins et aux bourses scolaires.

France-Amérique : Pourquoi avez-vous décidé de représenter le Front de Gauche en Amérique du Nord ?

Céline Clément : J’ai été sollicité par le Parti communiste car je suis membre depuis 1995. J’ai accepté car j’ai à la fois une expérience politique, mais aussi une connaissance des difficultés des Français en Amérique du Nord. Avec Thomas Collombat, mon suppléant, qui est lui installé au Canada, nous voulons représenter tous ceux qui sont marqués à gauche de la gauche.

N’est-ce pas un risque d’être candidate dans cette circonscription alors que vous ne vivez pas actuellement en Amérique du Nord ?

Oui, c’est sûr que je préférerais sillonner les deux pays. Mais ça, aucun candidat ne peut le faire. Le Front de Gauche a beaucoup de militants et un réseau étendu qui pourra promouvoir notre candidature.

Pensez-vous bien cerner les problèmes auxquels font face les Français de l’étranger ?

En tant que Française au Canada avec un contrat expatrié, je me suis trouvée dans des situations très particulières que beaucoup de Français connaissent : les nombreuses difficultés du système administratif, les problèmes qui touchent à la sécurité sociale, à l’accès aux soins, à la scolarisation, et au retour en France.

Quelles sont vos positions en matière d’éducation ? Que pensez-vous de la gratuité dans les lycées ?

Nous allons proposer un retour aux bourses basées sur des critères sociaux. La gratuité des Lycées Français à l’étranger est une mesure populiste. Il n’y a pas besoin d’une prise en charge pour toutes les familles comme c’est le cas actuellement. Les Français qui n’ont pas les moyens de mettre leurs enfants dans ces établissements, ou tout simplement qui ne veulent pas, sont laissés de côté.

Que proposez-vous ?

Nous voulons une meilleure politique de reconnaissance des diplômes. Et aussi un apprentissage du français par le biais de cours, hors du cursus scolaire, pour tous les Français qui sont dans des établissements canadiens ou américains. On sait aussi aujourd’hui faire de l’enseignement à distance et c’est un moyen parmi d’autres que nous voulons développer.

Comment élargir l’accès aux soins à davantage de Français ?

La CFE marche assez mal actuellement. C’est, de plus en plus, une assurance privée. D’ailleurs, si vous allez sur leur site internet, on vous propose d’emblée des liens vers des assurances privées dont on connaît les coûts. Le Front de gauche propose de créer un organisme de sécurité sociale à part entière, qui donnerait aux Français expatriés les mêmes avantages qu’en France. Il faut aussi simplifier l’accès à la sécurité sociale pour ceux qui reviennent en France car c’est très compliqué de se réaffilier, et j’en sais quelque chose !

Dans votre programme, vous évoquez également la sécurité sociale professionnelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

L’idée est de sécuriser le parcours formation et emploi. Nous voulons notamment que les Français qui perdent leur emploi à l’étranger touchent des indemnités chômage. Car, une fois leur emploi perdu, beaucoup de personnes ne peuvent pas rentrer en France car elles ont une famille à l’étranger, où un réseau déjà bien en place qui peut leur permettre de retrouver un emploi.

Est-ce difficile de défendre un parti anticapitaliste dans un pays comme les Etats-Unis ?

Tout l’électorat d’Amérique du Nord n’embrasse pas le capitalisme. Les étudiants en post-doctorat par exemple restent de plus en plus longtemps au Canada ou aux Etats-Unis sans pour autant être convertis au capitalisme. Il est vrai que notre base électorale est plus forte dans le Canada francophone.

Espérez-vous que votre candidature soit portée par la popularité grandissante de Jean-Luc Mélenchon ?

Effectivement, on est porté par une dynamique assez forte du Front de gauche en France. Beaucoup d’entre nous l’espéraient mais n’osaient pas l’imaginer. Mais ce n’est pas une candidature de témoignage en Amérique du Nord. Je veux porter le discours d’une gauche de transformation, une gauche qui ne renonce pas et qui ne prie pas devant les marchés financiers et les agences de notation.

Donc à aucun moment vous n’avez envisagé un accord avec le PS ?

Non. Ni partout ailleurs en France. Le PS a longtemps pensé que le Front de Gauche ne bougerait pas les lignes. Mais on est bien là.

 

Le Facebook du Front de Gauche pour les Français de l’étranger

Le Facebook du Front de Gauche au Canada

Le Facebook de la candidature de Céline Clément

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related