Subscribe

Centrafrique: des manifestants s’en prennent à l’ambassade de France à Bangui

Plusieurs centaines de manifestants proches du pouvoir ont lancé mercredi des projectiles sur l’ambassade de France à Bangui, après avoir observé un sit-in devant l’ambassade des Etats-Unis, pour dénoncer la passivité de l’ancienne puissance coloniale devant l’avancée d’une coalition rebelle qui s’est emparée d’une partie du pays.

“Nous sommes ici à l’ambassade de France, parce que c’est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n’a plus besoin de la France, la France n’a qu’à prendre son ambassade et partir”, a affirmé une manifestante. “La France n’a pas respecté la convention de défense entre elle et la République Centrafricaine. Nous dénonçons cette attitude”, a pour sa part déclaré un étudiant qui a requis l’anonymat. Plusieurs jeunes ont jeté des projectiles sur les locaux de l’ambassade dont certains ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d’Air France.

Auparavant, les manifestants, membres d’associations proches du Kwa Na Kwa (le parti du président François Bozizé), avaient observé un sit-in devant l’ambassade des Etats-unis. Munis de sifflets et de branches de palmiers, ils ont scandé en sango, la langue nationale : “i yé gui siriri” (nous voulons la paix, non à la guerre).

L’ambassadeur de France a protesté contre la manifestation qu’il a qualifiée de “particulièrement violente”. “Ce matin, une manifestation violente s’est déroulée devant l’ambassade des Etats-unis d’Amérique, et s’est prolongée par une manifestation particulièrement violente devant la chancellerie de France, avec des jets de projectiles, avec des bris de vitres. Le drapeau français a été descendu de son mât et emporté par des manifestants”, a déclarté l’ambassadeur Serge Mucetti. “Cette situation est totalement inadmissible. Je demande au gouvernement de la République centrafricaine de faire respecter les accords internationaux en cette matière. Ceux qui ont agi de la sorte sont des ennemis de la République centrafricaine”, a-t-il ajouté.

Le vol Air France vers Bangui a fait demi-tour et rentre à Paris

“En raison de la situation en Centrafrique, le vol AF780 Charles de Gaulle-Bangui a effectué un retour en vol et rentre à Paris”, a annoncé un porte-parole de la compagnie. “Le vol est parti (mercredi) à 10H59 et a fait demi-tour trois heures trente après le départ. Son arrivée à Paris est estimée à 17H37”, a-t-il précisé. L’appareil transporte 130 passagers et 11 membres d’équipage, a ajouté le porte-parole. Air France est la seule compagnie qui dessert la Centrafrique au départ de Paris, a de son côté indiqué une porte-parole d’Aéroports de Paris (ADP).

Ambassade sécurisée

François Hollande a demandé mercredi au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, “de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité” de l’ambassade de France à Bangui, attaquée par des manifestants, ainsi que celle des Français, a annoncé l’Elysée dans un communiqué. “Ces mesures ont été mises en oeuvre dans les délais les plus courts et seront prolongées autant que nécessaire”, a poursuivi l’Elysée, en précisant que “le président de la République se tient régulièrement informé de la situation” en Centrafrique.

Le ministre de la Défense a assuré que le périmètre de l’ambassade de France à Bangui avait été “sécurisé” à la suite de l’intervention de troupes françaises en renfort de gendarmes présents sur place, et que le calme était désormais “rétabli”. Ces forces françaises détachées de la mission internationale Boali opérant en Centrafrique “sont parvenues à sécuriser l’emprise de l’ambassade et à rétablir le calme”, a écrit le ministre dans un communiqué.

Depuis le 10 décembre, la coalition rebelle du Séléka a pris plusieurs villes importantes du pays, revendiquant “le respect” d’accords de paix signés entre 2007 et 2011. Malgré l’appel des autorités et des pays voisins à la négociation, le Séléka a avancé rapidement sans rencontrer de résistance, et se trouve désormais non loin de la capitale centrafricaine. Les rebelles ont demandé mercredi dans un communiqué que le pouvoir de Bangui “rende les armes”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related