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Charlélie Couture : comprenne qui pourra

Installé à New York depuis 2004, Charlélie Couture sort en janvier un nouvel album, Fort rêveur. L’artiste à la fois peintre, photographe et musicien accorde peu d’interviews, mais lorsqu’il fait une exception, il dicte ses règles lors de l’entretien. Rencontre.

Charlélie Couture accroche ses toiles abstraites dans sa galerie new-yorkaise, située sur la 36ème rue. Agenouillé, concentré, il ne relève pas la tête lorsque la porte s’ouvre. Toutes ses créations évoquent cette ville où il s’est exilé en 2004, pour redevenir libre. En effet, en France, l’étiquette du chanteur d”Un avion sans aile”, tube sorti en 1981, lui collait trop à la peau. L’artiste aux multiples facettes n’a pas abandonné la musique pour autant, et sort en janvier un nouvel album, Fort rêveur, qui mêle les sonorités blues et rock.

Charlélie Couture qui accorde peu d’interviews, fait remarquer que tout le monde n’a pas la chance de passer du temps avec lui. Passer du temps… Voilà bien le terme : « Tu m’adresseras tes questions plus tard par e-mail. Ne le prends pas mal, tous les journalistes sont logés à la même enseigne avec moi.» L’artiste de 54 ans n’a pas peur de passer pour un mégalomane et continue à dicter ses règles : prise de notes et enregistreurs sont exclus.

Il semble d’ailleurs bien décidé à échanger les rôles : c’est maintenant lui qui pose les questions. « Tu en apprendras autant sur moi en discutant qu’en me posant des questions», estime t-il avant de parler de tout et de rien.

Le photographe de France Amérique fait son entrée. Pour « détendre l’atmosphère », même si cela a l’effet inverse, Charlélie Couture, assis à son bureau,  se met à commenter le site professionnel de celui-ci. « C’est ce que les gens font pour moi », précise t-il, pince-sans-rire. Lors de la séance photo, il refuse d’enlever ses lunettes : « Ce ne sont pas mes yeux que tu vends, c’est ma barbichette», estime l’artiste, qui veut à tout prix contrôler ses paroles et son image.

Il se lance ensuite dans des considérations sur la différence entre l’art et l’artisanat, son sujet de prédilection. Il use de nombreuses métaphores, même au naturel, alors nul besoin de préciser que ses réponses par e-mail sont de la même veine : « Internet est un formidable périscope qui permet de voir le monde depuis le sous-marin de sa propre intimité» ; il  « puise tel un chercheur géologue dans une mine qu’on appelle la mémoire ».

De son nouvel album, Fort rêveur, on n’apprendra pas grand chose, si ce n’est qu’il est un « nouveau départ qui s’appuie sur 30 ans “d’expertinences “. Comprenne qui pourra.

Pour écouter quelques titres

http://www.charlelie.com/

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