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Chirac reconnaît ne plus avoir “l’entière capacité” pour assister à son procès

L’état de santé de Jacques Chirac s’est dégradé ces derniers mois, au point que l’ancien président de la République a reconnu ne plus avoir “l’entière capacité” pour assister à son procès, dans une lettre adressée vendredi au tribunal et rendue publique samedi par ses avocats.

Dans ce courrier, accompagné, selon Le Monde, d’un rapport médical, l’ancien chef de l’Etat demande que ses avocats puissent le représenter durant le procès. Selon Le Monde, le rapport du neurologue Olivier Lyon-Caen affirme que “M. Chirac est dans un état de vulnérabilité qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé”. Ce rapport a été sollicité en juillet, selon le quotidien, par l’épouse de Jacques Chirac, Bernadette, et leur fille Claude. “Son état de santé s’est dégradé depuis quelques mois, c’est vrai, et dans ces conditions, sa présence au procès ne peut pas avoir lieu dans des conditions humaines et de dignité”, a expliqué samedi à l’AFP le mari de Claude Chirac, Frédéric Salat-Baroux, en ajoutant que l’ancien président de la République n’avait “plus la mémoire pour cela”. “C’est très douloureux pour sa famille”, a poursuivi le gendre de Jacques Chirac.

Cette annonce d’une dégradation de l’état de santé n’est pas une surprise, tant plusieurs des visiteurs de Jacques Chirac ont souligné qu’il était sujet à des “absences”, des “pertes de mémoire”. La santé de M. Chirac, qui aura 79 ans en novembre, et sa capacité d’assister à son procès, ont fait l’objet de nombreuses spéculations. Des articles de presse l’ont décrit comme fatigué à son arrivée à Saint-Tropez, le 8 août. Il a néanmoins passé plus d’une heure quelques jours plus tard à signer des autographes et à poser avec les touristes sur le port, visiblement ravi. Le 11 juin, lors d’une visite en Corrèze accompagné de François Hollande, candidat à la primaire PS pour la présidentielle, l’ex-président avait provoqué une petite tempête politique en déclarant être prêt à voter pour lui en 2012. De “l’humour corrézien”, avait-il assuré ensuite. Mais les spéculations sur son état de santé avaient alors repris bon train. Fin janvier, le Journal du Dimanche avait écrit qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer.

Bernadette Chirac avait aussitôt démenti. “Les médecins lui ont dit qu’il n’a pas la maladie d’Alzheimer. Je les crois”, a-t-elle dit le 31 janvier, “si mon mari souffrait de cette maladie je n’hésiterais pas à le dire”. L’ex-Première dame a concédé que Jacques Chirac n’était “plus exactement ce qu’il a été”, souffrant “par moments” de “troubles dont on ne sait pas s’ils sont liés à un effet à distance de son petit accident vasculaire cérébral ou au processus normal de vieillissement”. L’ancien président a souvent la démarche hésitante, il met la main sur l’épaule de ceux qui l’accompagnent pour trouver un appui. Durant l’été, il a brièvement été contraint de porter une attelle au poignet droit, après une chute sans gravité. Et plusieurs de ses visiteurs admettent, sous couvert de l’anonymat, qu’il “lui arrive de ne pas reconnaître les gens, même des proches”. “Si on le voit à la télé dans un plan d’une seconde, on peut avoir le sentiment qu’il est en pleine forme. Il faut être avec lui pour comprendre” qu’il ne l’est pas, reconnaît un de ses amis. Une source proche du dossier soulignait jeudi une “contradiction” entre la volonté de Jacques Chirac d’être jugé comme tout citoyen, et son état de santé. “Il n’est plus en mesure de se défendre, et il ne supporte pas l’idée qu’on le dise”, expliquait cette source à l’AFP.

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