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Choc des cultures dans les vignobles

Pour célébrer le 14 juillet, France-Amérique met l’accent sur les Français qui innovent aux États-Unis. Parmi eux, Sébastien Payen et Thibaut Scholasch, qui ont créé à Berkeley Fruition Sciences. Leur start-up a pour but de faire entrer la haute technologie dans le monde traditionnel de la vigne. Changement d’époque en perspective.

Révolution en vue dans la Napa Valley, dans le nord de la Californie, Sébastien Payen et Thibaut Scholasch, deux entrepreneurs français basés à Berkeley, ont créé en 2007 leur start-up Fruition Sciences pour développer un système de capteurs posés sur les vignes.

Une fois mise en réseau, ces derniers permettent aux viticulteurs de connaître en temps réel le taux d’hydratation de la plante, ainsi que les conditions météorologiques. Les données récoltées, sont ensuite traitées et disponibles en ligne pour aider le viticulteur à améliorer l’irrigation de son domaine.

Le défi est de taille pour les deux associés. "La viticulture est une industrie très traditionnelle où l’introduction des technologies a été plutôt mal vue et il y a tout un mythe autour de l’œnologue consistant à penser que l’œil humain ne peut pas être remplacé par une machine", explique Thibaut Scholasch. "Ces conceptions anciennes créent une forme de résistance à l’introduction des technologies dans le vignoble".

Après avoir fini Polytechnique à Paris en 2001, Sébastien Payen, 31 ans, est arrivé aux États-Unis il y a sept ans, pour faire un Master en sciences à l’Université de Berkeley. Il enchaîne en 2003 avec une première expérience professionnelle dans une start-up spécialisée dans les biotechnologies. Il réalise cette année-là qu’il lui faut sans doute obtenir une thèse "pour avoir un peu plus de responsabilités" et lui permettre de se "détacher du côté technique". Il retourne donc à Berkeley en 2004 et se lance dans une thèse en ingénirie mécanique qu’il achève en 2007. Son projet de recherche s’oriente alors vers le développement de capteurs pouvant détecter les niveaux de PH (mesure de l’acidité, n.d.l.r.) et de glucose dans les vignes notamment.

À 34 ans, Thibaut Scholasch a pour sa part un double diplôme d’ingénieur agronome et d’œnologue obtenu à Montpellier en 1998. Son diplôme en poche, il parcourt pendant quelques années le monde au rythme des vendanges. Après être passé par le Chili et l’Australie via la Tasmanie, il s’établit en Californie à la demande d’un grand vignoble pour lequel il commence des expérimentations. Il réalise lui aussi en 2002 "qu’obtenir un doctorat était un sésame pour faire avancer ses idées". Il crée donc son propre projet de recherche et le finance en allant frapper aux portes de vignobles californiens haut de gamme.

Pour les deux Français qui se sont rencontrés sur les bancs de Berkeley, le choix de monter leur start-up aux États-Unis était assez "circonstanciel", mais ils y ont trouvé leur place dans un milieu ouvert aux innovations. "La mentalité ici c’est plutôt le Far West, si tu as l’envie, la passion et que tu as une bonne idée, raconte Sébastien Payen. C’est très facile de créer une boîte aux Etats-Unis, même en tant que Français".

Grâce à l’aide de Young Entrepreneurs Initiative (YEI), structure accompagnante créée par le ministère français des Affaires étrangères, ils pensent s’implanter prochainement dans l’Hexagone. D’ici là, les vignes de la Napa Valley seront habillées pour l’été de bien étranges capteurs…

www.fruitionsciences.com

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