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Christian Estrosi provoque un tollé à gauche, comme à droite

La proposition de Christian Estrosi visant à sanctionner des municipalités défaillantes en matière de sécurité n’en finit pas de susciter un tollé, y compris à droite, où certains déplorent une mise en cause des maires, voire une atteinte à la décentralisation.

Depuis que le ministre de l’Industrie et maire UMP de Nice a lancé samedi son pavé dans la marre, la gauche, unanime, est vent debout pour dénoncer “une logique de bouc émissaire” visant à cacher “l’échec” de Nicolas Sarkozy dans ce domaine. Alors que la question de la sécurité occupe l’espace politique et médiatique, depuis le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble le 30 juillet (déchéance de la nationalité pour les auteurs de certains crimes, évacuation de campements illégaux de Roms), M. Estrosi a appelé samedi à “une union sacrée” des maires sur ce sujet. L’édile de Nice a proposé que les municipalités de plus de 5.000 habitants “qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l’absentéisme scolaire, de réformes des règles d’urbanisme, soient condamnées à une très forte amende”. Il a mis en cause Martine Aubry, maire de Lille et première secrétaire du PS et le maire, également PS, de Grenoble. “M. Estrosi ne manque pas d’air!”, s’est exclamé lundi François Rebsamen, sénateur-maire socialiste de Dijon. “Il ne connaît pas grand-chose au fonctionnement de nos institutions, police et justice”. “Je suis vice-président de l’association des maires, je pourrais parler presque au nom de tous les maires.

La mise en cause des élus locaux, pour tenter de masquer l’échec de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, pour cacher la diminution du nombre de fonctionnaires de police – moins 10.000 en quatre ans – et de leurs moyens de fonctionnement est, inacceptable”, a-t-il ajouté. Même tonalité chez d’autres élus de gauche: pour François Pupponi (maire de Sarcelles, Val-d’Oise), “c’est toujours la même logique de bouc-émissaire. Hier les étrangers, les Roms, aujourd’hui les maires”. “M. Estrosi et le gouvernement dont il est membre sont tellement aux abois, faute de résultats et de justice dans leur politique, qu’ils en sont réduits à tout dire et tout médire”, assurent Jean-Jacques Urvoas et Guillaume Bachelay, secrétaires nationaux du PS. Pour Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis, “ce serait faux de dire que Nicolas Sarkozy n’a rien fait en matière de sécurité: il a malheureusement tout fait de travers”… A droite aussi, des voix se sont élevées, comme celle de Pierre Cardo, ex-député-maire UMP de Chanteloup-les-Vignes, commune déshéritée des Yvelines. “Ca me désole de voir des élus de communes qui ont beaucoup de moyens et peu de problèmes porter des jugements abrupts sur leurs collègues qui dirigent des communes qui ont énormément de problèmes et pas toujours de moyens”. Yannick Favennec, député UMP de Mayenne, a parlé d’une “atteinte à la libre administration des communes”.

Devant cet afflux de critiques, le ministre a battu le rappel de ses amis: Brigitte Barèges (députée-maire de Montauban), Louis Nègre (sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer) ou encore Patrice Calméjane, (maire de Villemomble, Seine-Saint-Denis) ont dénoncé une “posture idéologique” de la gauche face aux questions de sécurité. M. Estrosi lui-même a assuré à l’AFP qu’il ne voulait “stigmatiser” personne, simplement appeler à “une union sacrée pour la sécurité” mais que “les socialistes ne jouent pas leur rôle en matière de prévention”.

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