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Christian Lacroix : les repreneurs vont peaufiner leurs offres durant l’été

Le comité d’entreprise (CE) de la maison de couture Christian Lacroix, en redressement judiciaire, a refusé mardi de rendre un avis sur le plan de la direction, qui prévoit 112 suppressions d’emplois sur 124, en attendant que les repreneurs potentiels peaufinent leurs offres.

“Les gens vont partir en vacances l’esprit un peu plus serein parce qu’il n’y a pas eu d’avis rendu, donc il n’y aura pas de notification de licenciement”, a dit un membre du CE à l’AFP.

Le CE a estimé qu'”il n’avait pas les éléments nécessaires pour rendre un avis”. “Les deux offres sérieuses déposées” lundi auprès de l’administrateur judiciaire Régis Valliot “sont des offres intéressantes mais jugées dans l’immédiat un peu insuffisantes en particulier sur le volet social”, a-t-il ajouté.

L’Italien Borletti, à la tête, avec des investisseurs, du groupe Le Printemps et de la chaîne italienne de grands magasins La Rinascente, a déposé lundi une offre jugée “engageante” par l’administrateur judiciaire. Selon M. Valliot, elle permettrait de préserver “une petite moitié des effectifs”.

La deuxième offre émane du cabinet de conseil Bernard Krief Consulting (BKC). Le président de BKC, Louis Petiet, a déclaré que la société espérait pouvoir reprendre “au moins la moitié des salariés” et “pouvoir aller jusqu’à une centaine de personnes”.

Selon un membre du CE, “l’un comme l’autre de ces repreneurs potentiels peut faire un effort sur le plan social en étoffant son offre”. “On peut aller facilement jusqu’à 70 personnes”, estime-t-il.

Selon la même source, dans les deux offres, “une moyenne de cinquante” emplois serait maintenue, sur 124.

Créée en 1987 avec l’appui du numéro un mondial du luxe LVMH qui l’a vendue en 2005 au groupe américain Falic, spécialisé dans le duty free, la maison Christian Lacroix a enregistré en 2008 dix millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de trente millions d’euros.

Le plan de redressement des actionnaires américains prévoit la suppression de 112 emplois et donc de la couture, et de payer les créances grâce aux licences Christian Lacroix.

Les candidats à la reprise devraient peaufiner leurs offres durant l’été, avant une nouvelle réunion du comité d’entreprise le 2 septembre.

Une nouvelle audience du tribunal de commerce est prévue aux alentours du 8 septembre.

L’offre conjointe Borletti-Christian Lacroix est “une offre de principe, une déclaration d’intérêt”, a déclaré à l’AFP une porte-parole du groupe italien. “Il va bien falloir, avant de faire une offre ferme, valider un certain nombre d’éléments”, a-t-elle ajouté. “On va rentrer dans la phase d’audit de l’entreprise, qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant”, a-t-elle dit. L’objectif est de “trouver un équilibre viable pour l’entreprise”.

De son côté Christian Lacroix, qui avait rencontré vendredi le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, a été reçu mardi en fin d’après-midi par le ministre de l’Industrie Christian Estrosi.

Selon l’entourage du ministre, M. Estrosi lui a assuré que son ministère, ministère de tutelle de la haute couture, suivait le dossier Lacroix de très près. Le président de la République, Frédéric Mitterrand, l’ensemble du gouvernement est extrêmement attentif à l’avenir de la maison qui est un symbole pour la France, a ajouté M. Estrosi.

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