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Christine Lagarde : « Au FMI, je ne suis ni française, ni européenne »

À New York pour son premier discours en tant que directrice du FMI, Christine Lagarde a évoqué son rôle au sein de l’institution, la situation en Grèce et la dette Américaine.

« Si j’avais dit à ma mère qu’un jour des gens, habillés pour la journée, viendraient m’écouter à 8 heures du matin à New York, elle aurait été très fière ». C’est par ses mots que Christine Lagarde a débuté son discours, son premier depuis sa nomination au poste de directrice du FMI, il y a 22 jours.

Conviée au Conseil des Relations Étrangères de New York, l’ancienne ministre de l’économie française est d’abord revenue sur son arrivée pour le moins abrupte au FMI « C’était très inattendu et ça s’est passé dans les conditions que vous savez. C’est pourquoi je suis pour l’instant dans une phase d’écoute. Je suis comme une éponge, j’absorbe ». Christine Lagarde est également revenue sur les critiques qui ont entouré sa nomination. « Le fait que je sois européenne n’est pas un problème. Il y a 187 pays membres au FMI. Dans mes bureaux de Washington, je ne suis donc ni française, ni européenne. Mon seul client, c’est la communauté internationale. »

Selon Christine Lagarde, le FMI n’a jamais eu un rôle aussi important que depuis la crise. « Grâce à Dominique Strauss-Kahn, nous sommes devenus un partenaire crédible. Doubler les moyens de l’institution était une très bonne idée, malgré la réticence des Américains. Et aujourd’hui les résultats sont là ».

Plus inquiète pour les États-Unis que pour la Grèce

Dans son intervention d’environ une demi-heure, la directrice du FMI est longuement revenue sur la situation en Grèce et le plan d’aide mis en place par l’Europe. Selon elle, le premier programme, voté sous son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn n’incluait pas de vision à long-terme. « Pour la première fois la semaine dernière, on a vu tous les pays membres de l’UE s’asseoir. Il faut maintenant convaincre les marchés que cette nouvelle aide est suffisante et durable. »

Interrogée sur le problème de la dette américaine, Christine Lagarde a préféré ne pas prendre trop de risque, mais a tenu à alerter les États-Unis alors que la date butoir approche. « Je crois qu’à ce niveau, c’est plus un problème politique qu’économique. Je ne veux pas le commenter et prendre parti. Mais l’heure tourne et un défaut de paiement n’est pas envisageable. Les conséquences seraient catastrophiques pour le pays » conclut Christine Lagarde.

 

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