Subscribe

Christophe Charlier, un Français au cœur des Brooklyn Nets

A 41 ans, Christophe Charlier est, depuis son arrivée au sein de l’équipe NBA des Brooklyn Nets, le premier Français à présider le conseil d’administration d’une franchise de sport professionnel en Amérique du Nord.

Arrivé aux Etats-Unis à l’âge de huit ans, l’ancien banquier de Wall Street joue un rôle clé dans l’implantation du club à Brooklyn et rêve d’aider les Nets à atteindre les sommets de la meilleure ligue de basket-ball du monde. Dans l’organigramme des Brooklyn Nets, entre le propriétaire russe Mikhail Prokhorov d’un côté et les actionnaires minoritaires de l’autre, un nom à consonance française saute aux yeux : Christophe Charlier. Et pour cause, le président du conseil d’administration, numéro deux derrière le milliardaire moscovite, est français.

L’histoire entre le financier berrichon et le club de basket-ball appartenant au richissime Prokhorov débute en 2009, lors d’un dîner organisé dans l’une des résidences de la 58e plus grande fortune mondiale. “Il m’a parlé pour la première fois de son projet de racheter la franchise NBA des New Jersey Nets et de la possibilité de la déménager à Brooklyn. Je lui ai tout de suite dit que l’idée était très intéressante”, précise Charlier. “L’acquisition une fois validée, il m’a alors proposé d’en devenir le président du conseil d’administration, et j’ai accepté sans hésiter”, s’enorgueillit le Français.

Aujourd’hui, son rôle est central dans le développement du club. “Je dois tout faire pour que le projet soit économiquement viable et concrétiser les idées de M. Prokhorov”, souligne Charlier. Le marketing, la mise en avant du rappeur Jay-Z en tant que visage de la franchise, la construction d’équipements de luxe dans l’enceinte du Barclays Center et la stratégie à élaborer avec les sponsors sont du ressort du président du conseil d’administration. “Pour l’instant, tout se passe pour le mieux, précise le Français, car le déménagement à Brooklyn a permis de décupler le potentiel marketing de l’équipe. Si nous revendions la franchise aujourd’hui, nous ferions déjà une immense plus-value”.

Le projet est énorme, mais le défi est à la hauteur de l’ambition du berrichon. “C’est un challenge formidable pour Brooklyn, car le quartier ne possédait plus de franchise sportive depuis 1957. Au-delà de cela, nous voulons faire de l’équipe l’une des meilleures de la NBA et devenir un candidat sérieux au titre dans les années à venir”, précise M.Charlier. Actuellement classés quatrièmes de la conférence Est, les Brooklyn Nets sont en position de se qualifier pour les playoffs, une première depuis six ans.

L’axe Paris-New York-Moscou

Né à Paris en 1972, Christophe Charlier a huit ans lorsque son père est muté aux Etats-Unis pour raisons professionnelles : “la société où il travaillait voulait se développer en Amérique du Nord et toute la famille a suivi”, se souvient le quarantenaire. Destination New York. “C’était quelque chose de fou pour mon frère et moi de voir des buildings, d’énormes voitures et des gens partout. Au début, j’étais comme dans un rêve”, sourit le financier.

Il suit sa scolarité au Lycée Français de New York, puis décide de faire des études de finance après avoir vu le film Wall Street avec Michael Douglas et Charlie Sheen. “J’avais 15 ans et je me suis rendu compte après avoir visionné ce long-métrage que je voulais être banquier”, souligne Charlier. Parti suivre un cursus universitaire à la célèbre école de finance Wharton, en Pennsylvanie, le jeune Français réalise son rêve lorsqu’il est engagé par JP Morgan au milieu des années 1990. “Aller travailler à Wall Street pour une très grande banque d’affaires était pour moi quelque chose d’énorme. Je me souviendrai toujours du sentiment de fierté que j’éprouvais à chaque fois que je sortais du métro en voyant les plaques “Wall Street” un peu partout”, se rappelle encore aujourd’hui le financier.

Mais après quelques années de travail à la place boursière la plus connue au monde, Charlier décide d’orienter sa carrière vers un nouveau cap : après les Etats-Unis, direction la Russie. Approché par un chasseur de têtes qui lui propose un poste à Moscou avec la banque d’affaires russe Renaissance Capital, pour laquelle il est aujourd’hui membre du conseil d’administration, le banquier décide de tenter l’expérience.

“J’avais 25 ans et je ne connaissais absolument rien de la Russie, en dehors du fait que le pays vivait une complète métamorphose sous le second mandat de Boris Eltsine”, se remémore M.Charlier. Il devient banquier international et se forge peu à peu une réputation solide dans le milieu. Il effectue sa première transaction sur le sol russe avec une société pétrolière appartenant à… Mikhail Prokhorov. Le premier contact avec le milliardaire est pris. Quelques années plus tard, alors que Christophe Charlier crée une banque d’affaires, Prokhorov le recrute pour le rejoindre à Norilsk Nickel.

Aujourd’hui, dix ans après, Christophe Charlier partage son temps entre le Berry, New York et Moscou, entre le conseil d’administration des Nets et la gestion de plusieurs institutions industrielles et bancaires appartenant à Onexim, le fond d’investissement créé par Prokhorov. “J’ai beaucoup de chance de pouvoir travailler dans le milieu sportif et bancaire, deux de mes principales passions. Mais il est vrai que j’aimerais aller voir jouer l’équipe avec mes fils un peu plus souvent “, sourit-il.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related

  • Tony Parker, un bleu au TexasTony Parker, un bleu au Texas A 31 ans, la superstar des San Antonio Spurs Tony Parker est au sommet de son sport. Arrivé très jeune dans le Texas pour vivre son rêve américain, il est devenu, après onze saisons dans […] Posted in Opinion
  • Joel Anthony, la force tranquilleJoel Anthony, la force tranquille À 28 ans, Joel Anthony trace sa route dans la meilleure ligue de basket-ball du monde. Considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de NBA, le natif de Montréal vit une saison de rêve […] Posted in Opinion