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Christophe Navel : “Il faut créer un statut particulier pour les expatriés”

Déçu par les programmes des candidats aux législatives en Amérique du Nord, Christophe Navel, 37 ans, a décidé de se présenter en tant qu’indépendant. Après avoir obtenu un Ph.D en sciences de l’éducation, ce candidat installé à Québec depuis huit ans a créé l’année dernière la société “Véli Coursiers Inc.”, une entreprise de coursiers à vélo pour la ville de Québec. Novice en politique, il compte sur Internet pour diffuser ses idées originales à travers toute la circonscription.

France-Amérique : Pourquoi ne pas avoir rejoint un candidat déclaré pour faire vos débuts en politique ?

Christophe Navel : Quand on regarde les différents programmes, il manque dans la réflexion cette prise de conscience qu’on va représenter les intérêts français hors de France, mais aussi se positionner sur les sujets des Français de métropole. Le poids qu’aura ce député par rapport au 576 autres est assez faible, donc il devra amener ses arguments à l’Assemblée nationale et dire quelles sont ses positions sur l’éducation, les affaires sociales et culturelles. C’est toute l’originalité de mon programme. Je fais des propositions pour les Français expatriés, mais je donne aussi mes positions sur des idées plus générales.

Il ne vous reste qu’une soixantaine de jours pour faire campagne, c’est peu pour un si grand territoire. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de vous lancer ?

Tout d’abord, la véritable campagne va commencer après la présidentielle selon moi. Il y aura plus de visibilité, d’autant qu’on bénéficiera de l’intérêt médiatique car c’est la première élection de ce genre. Et puis, j’ai pris le temps de lire les programmes de tous les candidats. Mais les idées proposées restent dans cette vision archaïque du Français de l’étranger. Les candidats déclarés ne prennent pas en compte le changement de profil des expatriés sur ces 10 dernières années.

Que voulez-vous dire ?

La population des Français en Amérique du Nord a été multipliée par deux. On se doit d’étudier davantage ces Français. Ce ne sont plus seulement des expatriés professionnels, comme c’était courant il y a 10-15 ans. Aujourd’hui, il y a d’autres raisons à leur déplacement : les études, le rapprochement familial, l’envie d’une aventure de vie différente. Le profil est plus jeune qu’avant. Il y a beaucoup de 25-40 ans. C’est d’ailleurs l’âge de la plupart des candidats !

Dans votre programme, vous proposez la création d’un statut propre aux Français hors de France. Quels en seraient les avantages ?

Créer un statut particulier pour les expatriés permettra d’abord de nous légitimiser. Et puis ce statut s’accompagnera d’une carte pour les Français de l’étranger qui offrira par exemple des réductions avec la SNCF, aux musées en France, lorsque les expatriés reviennent dans l’Hexagone. Quand vous revenez en France, que vous devez payer quatre billets d’avion pour une famille par exemple, ça fait beaucoup. J’estime que ce que l’on donne à la France, elle doit nous le rendre. Cette carte permettrait aussi à tous les Français d’être inscrits au consulat. On aurait alors un meilleur recensement des expatriés. Le but est aussi de mieux les cerner pour mieux répondre à leurs besoins. Car jusqu’à présent on essaie de reproduire la France à l’étranger, mais ce n’est pas forcément ce que veulent les expatriés.

En matière d’éducation, vous dites que la gratuité du lycée pour les Français à l’étranger n’est pas forcément une bonne idée. Que proposez-vous ?

En tant que spécialiste de l’éducation de par mon doctorat, j’ai vu les différentes manières d’éduquer. La France a un niveau d’excellence mais arrêtons de dire que nous sommes les meilleurs. La gratuité du lycée a un coût que mes adversaires semblent ignorer. Il faut se remettre dans le contexte. Quand une famille est située à l’étranger, elle l’a choisi. Est-ce que c’est au gouvernement de payer cette éducation à la française sachant que cette famille ne paie aucun impôt en France ? J’avoue que c’est une question délicate mais il faut se positionner.  Je proposerai la mise à disposition d’une plate-forme numérique. Chaque jour, les familles pourront se connecter sur ce réseau, afin d’être aidées dans la transmission de la langue à leurs enfants. Des programmes seront mis à disposition gratuitement. On pourra aussi mettre en réseau les enfants expatriés. Des classes situées en France seront aussi mises en relation avec les enfants expatriés afin d’échanger sur la langue, la culture.

Vous souhaitez aussi repenser la CFE afin que plus de Français y adhèrent. Par quels moyens ?

Moins de 10% des Français hors de France adhèrent à la CFE. C’est pourquoi il faut trouver une gamme de produits qui répondent à des besoins particuliers. La CFE pourrait par exemple proposer une protection quand les expatriés rentrent en France pour qu’ils puissent revoir leur dermatologiste, leur dentiste, etc. Si ce que propose la CFE est plus attractif, plus de Français vont la rejoindre. Et si on passe à 30% de Français adhérents, il y aura plus d’argent, donc plus d’avantages.

http://www.christophenavel.com/

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