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Christopher Thompson : « La vraie récompense, c’est celle du public »

Le premier festival de films français en ligne, myFrenchFilmFestival.com, a donné son coup d’envoi à New York le 13 janvier dernier, en présence de Christopher Thompson venu présenter son premier film, Bus Palladium, the last summer tour, sorti en France en 2009. Enfant de la balle, le petit-fils de Gérard Oury est à la fois acteur, scénariste et réalisateur. On lui doit notamment les scénarios de La Bûche, Fauteuils d’orchestre ou Le Code a changé, écrit avec Danièle Thompson, sa mère. Entretien.

Votre film inaugure myFrenchFilmFestival.com qui dure jusqu’au 29 janvier. Que pensez-vous de ce type d’initiative, lancée par uniFrance et Allociné pour exporter le cinéma d’auteur hors des frontières françaises?

Pour moi, c’est une initiative formidable qui permet d’avoir une belle plateforme. Cela permet de canaliser ce média institutionnel qu’est Internet pour montrer des films ambitieux du cinéma français.

Quelle histoire vouliez-vous raconter en réalisant Bus Palladium?

Je suis parti de souvenirs personnels. J’ai écrit beaucoup de scénario et là j’avais envie de passer à la mise en scène. Pour un premier film, le choix du sujet est toujours assez délicat. On se demande ce que l’on a envie de raconter. J’ai eu tout à coup le souvenir d’une bande de jeunes, rencontrée dans un fast-food, et je me suis rappelé de ce qu’était le passage de l’adolescence à l’âge adulte… Ce moment où on laisse dernière soi les sermons, les promesses et où on renonce à ce désir d’un avenir commun.

Il y a donc une part d’autobiographie dans ce long-métrage ?

Je me suis inspiré de ce que je connaissais. Plus jeune, le pacte adolescent dont je parle dans Bus Palladium s’est cristallisé et a trouvé un espace pour rêver dans la formation d’un groupe de musique auquel j’appartenais. Je voulais aussi pouvoir filmer une autre passion de ma vie, la musique. Il y avait donc un intérêt et un défi à mettre en image ce thème.

En anglais, Bus Palladium a été traduit The Last Summer Tour. Vous aviez peur que le titre original du film ne soit pas assez évocateur pour les spectateurs américains?

The Last Summer Tour est seulement un sous-titre pour évoquer quelque chose au public anglophone. Bus Palladium est en fait un titre presque mensonger car le célèbre club parisien (Bus Palladium est une boîte de nuit mythique dont l’âge d’or fût les années 60 & 70, ndlr) n’apparaît que quelques minutes dans le film. Je trouvais que cela évoquait bien le monde de la tournée et celui de la fête et du théâtre.  C’est un film qui parle plus de la rencontre de personnages, des choses de la vie, c’est pour cela que le cinéma voyage, car l’histoire est universelle.

Avec ce film, vous êtes pour la première fois passé derrière la caméra. Vous avez envie de recommencer ?

Bien sûr mais pour le moment je ne dirai rien sur mon prochain film. Je viens de terminer, avec Thierry Klifa, Les yeux de ma mère, une comédie avec notamment Catherine Deneuve.  Je travaille également sur un prochain film avec Danièle Thompson (sa mère, réalisatrice de Décalage horaire et fille de Gérard Oury réalisateur notamment de La Grande Vadrouille, ndlr).

Thierry Klifa et Danièle Thompson sont deux noms qui reviennent souvent dans votre carrière…

Ce sont en effet mes collaborateurs les plus proches, les personnes avec qui j’ai beaucoup de plaisir à construire des histoires et à qui je fais confiance. Je travaille en famille, au sens propre comme au figuré.  Avec eux, j’ai une évolution à la fois commune et parallèle. Notre collaboration change aussi, à l’image des couples qui durent longtemps.

Vous êtes maintenant réalisateur. Mais vous êtes aussi acteur, comédien et scénariste depuis de nombreuses années. Vous aimez jouer tous les rôles au cinéma ?

Pour moi, ce n’est pas de l’éparpillage mais ce sont des approches différentes qui se nourrissent les unes des autres, des occupations multiples dans le processus de réalisation d’un film. Cela apporte des points de vue, des éclairages différents. Si je n’étais pas acteur, je ne serais certainement pas le même scénariste, ni le même réalisateur. Mais ce n’est pas forcément mieux! Je remarque en tous cas que j’aime beaucoup les films d’acteurs, que leurs tentatives sont intéressantes, à l’image de celles de Sean Penn, Clint Eastwood, Woody Allen ou encore Robert de Niro.

Vous avez été nominé trois fois aux Césars (1993, Les Marmottes ; 2000, La Bûche ; 2007, Fauteuils d’orchestre). Est-ce que les récompenses sont une motivation pour l’enfant du cinéma que vous êtes ?

Ce n’est pas du tout une motivation, mais une caresse sympathique à prendre, et aussi une vraie dynamique quand son travail est reconnu par ses pairs. Au fur et à mesure de sa carrière, il est vrai que l’on a besoin et envie de succès mais la vraie récompense, c’est celle du public.

Pour plus d’informations :

http://www.myfrenchfilmfestival.com/en/

 

 

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