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Claude Lelouch, l’éternel gamin

Le mythique réalisateur d’Un homme et une femme dresse un bilan de ses 50 ans de carrière dans D’un film à l’autre, présenté dans le cadre du festival Rendez-vous with French cinema à New York. Portrait d’une légende qui, toute sa vie, a célébré l’amour.

L’amour a toujours été au cœur de son cinéma. Alors à 73 ans, c’est tout naturellement que Claude Lelouch conte sa passion pour le septième art dans D’un film à l’autre. « Je me suis lassé de beaucoup de choses, mais pas du cinéma. C’est ma plus belle histoire d’amour », explique-t-il. Cet autoportrait à la fois critique et bienveillant dresse le bilan des succès et des échecs du réalisateur, le tout agrémenté d’extraits de ses 43 longs-métrages. « C’est le portrait d’un homme qui ne crache pas dans la soupe, justifie-t-il malicieusement. Poussé par la vieillesse, j’ai voulu raconter à mes sept enfants comment j’ai pu aller d’un miracle à l’autre », poursuit celui qui se définit comme un « enfant gâté ».

Les 50 ans de carrière de Claude Lelouch ont été émaillés de nombreux succès. On ne citera qu’ Un homme et une femme (1966), l’Aventure c’est l’aventure (1972) ou plus récemment, en 2007, Roman de gare. Mais les échecs ont eux aussi été légion, notamment son premier film, où il estime avoir « fait toutes les erreurs que l’on peut faire ». Son documentaire autobiographique est donc aussi un hymne au courage et à la volonté, à la croyance dans l’apprentissage par l’échec.

D’un film à l’autre (2011) et Ces amours-là (2010), tous deux très personnels, sonnaient comme un adieu. Dans Ces amours-là, Claude Lelouch se met en scène : sa découverte du septième art, caché dans un cinéma pour échapper à la Gestapo, et ses débuts derrière la caméra, une quinzaine d’années plus tard. « Ce sont deux films bilans, qui m’ont permis de passer à autre chose. Maintenant je n’ai qu’une envie : m’amuser ! » Son prochain film, Le Chemin de l’orgueil, rendra hommage à la connerie, selon ses termes. « C’est un film sur les jeunes cons, les vieux cons et les cons en activité », avec Jean-Paul Belmondo, Charles Gérard et  Aldo Maccione. Le réalisateur a toujours aimé la provocation, et avec cet hymne aux marginaux, Claude Lelouch restera dans l’esprit de l’Aventure c’est l’aventure.

« J’ai toujours eu le goût du jeu, de l’interdit, des blagues, de la provocation ». Les spectateurs se souviennent de sa course folle dans Paris, en 1976. Claude Lelouch s’était filmé au volant d’une voiture, grillant les feux rouges et multipliant les excès de vitesse. Cette épopée est aussi  une métaphore d’un homme qui a toujours foncé à la rencontre du public, toujours à la limite de l’accident. « Tant qu’on a des projets, on est jeune. C’est la carcasse qui vieillit, sourit-il.  Quand je parle avec mes enfants, je me dis que c’est moi le gamin ». Cette jeunesse lui permet de préparer son prochain long-métrage, le 44ème, comme si c’était le premier. Lorsqu’on lui demande lequel de ses films il préfère, il s’insurge : « C’est comme demander lequel de mes enfants je préfère ! J’ai eu 50 enfants : 7 en chair et en os, et 43 en pellicule ».

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