Subscribe

Climat: 6 milliards d’euros pour les pays les plus pauvres?

Les dirigeants des pays européens veulent tenter jeudi de reprendre la main dans les négociations internationales sur le climat en cours à Copenhague en se mettant d’accord sur une aide immédiate de quelque 6 milliards d’euros en faveur des pays pauvres.

Un tiers de cette somme avait été collectée peu avant l’ouverture du sommet de l’UE prévue vers 17H00 à Bruxelles. La question du financement de l’aide aux pays en développement pour les aider à mettre en place des économies moins polluantes est l’un des enjeux clés des tractations de la conférence de Copenhague.

Les nations les plus riches, responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle, sont appelées à débourser 10 milliards de dollars (6,8 milliards d’euros) par an au cours des trois années à venir.

A ce plan d’aide immédiat doit ensuite succéder un mécanisme pérenne associant fonds publics et privés, avec des besoins grimpant fortement avec le temps.

Peu de pays ont à ce jour mis des promesses chiffrées sur la table, dans un contexte de crise économique.

La présidence suédoise de l’UE ambitionne malgré tout de terminer le sommet européen vendredi sur un objectif de quelque 2 milliards d’euros par an de 2010 à 2012 inclus, soit environ 6 milliards d’euros cumulés, selon des diplomates.

“Cela devrait être autour de 2 milliards d’euros mais la somme n’est pas encore clairement établie”, a dit jeudi à Bruxelles le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen.

La Grande-Bretagne a déjà avancé 800 millions de livres (884 millions d’euros) sur trois ans, les Suédois 765 millions d’euros, le Danemark 160 millions d’euros, la Belgique 150 millions d’euros et la Finlande 100 millions d’euros.

Au total, un tiers de la somme requise avait été collectée jeudi peu avant l’ouverture du sommet. “Il est important que nous donnions de l’argent, cela montre à nouveau le leadership de l’UE” sur la question, a dit jeudi la ministre suédoise des Affaire européennes, Cecilia Malmström.

Reste à savoir ensuite si ces fonds seront ponctionnés sur des budgets déjà prévus pour l’aide ou développement ou constitueront un réel apport d’argent frais.

Les Européens vont devoir aussi surmonter leurs divergences sur l’opportunité de relever à Copenhague leur objectif de réduction d’émissions de 20% d’ici 2020, par rapport à 1990, à 30%, ce qui leur permettrait de maintenir leur position de pointe sur le climat.

La Grande-Bretagne pousse en ce sens afin d’encourager les autres grands pays pollueurs à suivre. Le président français Nicolas Sarkozy veut aller “le plus vite possible” vers une réduction de 30% des émissions européennes, a réaffirmé jeudi son ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo.

Mais il faudra attendre les offres des autres pays riches à Copenhague. Et pour l’heure l’UE juge que le compte n’y est pas, alors que Washington ne propose qu’une baisse de 4% par rapport à 1990.

La Pologne et l’Italie sont elles opposées à intensifier l’effort en pleine crise économique.

Le sommet de l’UE sera par ailleurs marqué jeudi, en marge, par une rencontre de la réconciliation entre le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français après des tensions suite à la nomination du Français Michel Barnier à la Commission européenne.

Pour prouver le retour de l’entente cordiale, les deux hommes ont proposé jeudi un “impôt exceptionnel” mondial sur les bonus versés en 2009. Ils devraient évoquer la question lors du sommet de Bruxelles jeudi soir, selon une source diplomatique.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related