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Climat: des ballons franco-américans au-dessus de l’Antarctique

Une flottille franco-américaine de 18 ballons stratosphériques survolera l’Antarctique à partir de septembre ont annoncé lundi le Cnes et Météo-France à Toulouse. Objectif : parfaire la connaissance de l’atmosphère du continent et de son rôle dans le climat de la planète.

L’opération, baptisée “Concordiasi 2010”, permettra de “mieux utiliser les données satellitaires dans les modèles climatiques, et de mieux comprendre les mécanismes de destruction de la couche d’ozone”, a précisé lors d’une conférence de presse Florence Rabier, responsable du projet pour Météo-France.

“Pendant la période d’étude, trois mois minimum, nous allons doubler le nombre de profils atmosphériques dont nous disposons habituellement sur l’Antarctique”, a-t-elle dit.
Les ballons seront lâchés à partir de la base américaine de Mc Murdo, sur la côte antarctique, et évolueront en vol libre à quelque 20.000 mètres d’altitude dans le vortex, le tourbillon d’air qui tourne au-dessus du continent. Chacun d’eux sera équipé d’une nacelle capable de transporter des charges de 50 kilos d’instruments scientifiques.

Ces données, qui “permettront de suivre en permanence l’évolution de l’air dans la stratosphère”, seront confrontées à celles recueillies par l’instrument “Iasi” du Centre national d’Etudes spatiales (Cnes) à bord du satellite européen Metop-A, et à celles obtenues à partir du sol dans les stations antarctiques américaine Mc Murdo, française Dumont d’Urville et franco-italienne Concordia, a indiqué un responsable de la mission pour le Cnes, Philippe Cocquerez.

Par ailleurs, les ballons lâcheront au cours de leur mission une soixantaine de “drop sondes” qui analyseront au cours de leur descente toute la colonne de l’atmosphère.
Concordiasi, réalisé avec notamment la National Science Foundation (NSF) américaine, comporte enfin une étude menée par l’université du Wyoming sur les nuages stratosphériques et leur formation, ainsi que sur l’évolution de la couche d’ozone.

“La fonte des glaces marines, des glaciers et du pergélisol va avoir un effet sur les écosystèmes et les hommes dans le monde entier. Comprendre ces changements exigera une coopération internationale”, a affirmé lundi la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. “un sentiment d’urgence accompagne nos efforts” a-t-elle ajouté, en demandant que les populations autochtones de l’Antarctique aoient inclus dans ces discussions. Elle s’exprimait alors que cinq pays riverains de l’Arctique (Canada, Danemark, Etats-Unis, Norvège et Russie) se réunissait près d’Ottawa (Canada) pour parler de l’avenir de la région.

En marge de ces discussions à huis-clos, des militants de Greenpeace et de l’organisation non-gouvernementale Conseil des Canadiens ont dénoncé l’exploitation des ressources naturelles de l’Arctique.

De son côté, le professeur Michael Byers, une des principales autorités scientifiques canadiennes sur l’Arctique, a estimé que la réunion devrait chercher un engagement ferme des participants sur le changement climatique.”S’ils n’en parlent pas et s’ils n’abordent pas la réduction des émissions (de gaz à effet de serre), ils ignoreront le plus grave problème de l’Arctique aujourd’hui”.

 

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