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Coline Serreau, en vert et contre tous à New York

Après La Belle Verte (1996), Coline Serreau s’est relancée dans le long-métrage écologique. Abandonnant la comédie, elle nous livre avec Solutions locales pour un désordre global (2010), un documentaire plein d’espoir. Présente au festival Rendez-Vous with French Cinema à New York, la réalisatrice revient sur la genèse de son film.

En regardant pour la première fois Solutions locales pour un désordre global, on se demande si Coline Serreau, 35 ans d’expérience dans le cinéma, est bien derrière cette caméra tremblante qui sert à l’audience un discours vu et revu, sans véritable fil rouge.

Après le second visionnage, l’oeil s’habitue à ces plans volatiles et le discours devient plus limpide. “ J’en avais marre des plans léchés, propres, bien rangés”, se défend la réalisatrice. “L’image est totalement au service du propos. En usant cette caméra-stylo, c’est un language que les gens comprennent. C’est un montage cut, que j’assume totalement.”

Une brutalité qui permet aussi de montrer l’urgence de protéger l’environnement et souligne la multitude de solutions disponibles à la portée de chacun. “ Je ne voulais pas faire un film dépressif qui prone la culpabilité.” Alors mettre en lumière des solutions, Coline Serreau est allée au Brésil, en France, en Inde, au Maroc ou en Ukraine, filmer ces paysans, scientifiques, porteurs de projet, qui croient en un retour aux valeurs naturelles pour l’avenir de l’agriculture. “Je voulais donner la parole à des gens qui ne l’ont pas. Il y avait 172 heures de rush, il fallait choisir.”

Le pari est réussi, même si le scénario, économisé par une volonté de sobriété, manque de liant. Les répetitions sont nombreuses, comme pour marteler une once d’espoir qu’on oublie à force de se perdre entre les différentes interviews.

300 000 entrées en France

“C’est un outil de travail que j’ai fait pour que les gens se l’approprient et se relient pour eux aussi trouver des solutions. “Déjà vu par 300 000 personnes dans les salles obscures françaises, le message pourrait ne pas aussi bien passer auprès du public américain”. Programmé lors du festival My Rendez-vous with French cinema à New York la semaine dernière, il sera également projeté le dimanche 20 mars at Purchase College dans le Connecticut lors de Focus on French cinema.

“Qu’il soit diffusé ici n’est pas plus important qu’ailleurs, même s’il est vrai que ce qui est dit concerne en priorité les Etats-Unis”, précise Coline Serreau qui ne se voit ni dans la mouvance d’Al-Gore avec Une vérité qui dérange, ni dans celle de Yann Arthus-Bertrand avec Home. “Eux se placent dans la problématique de terroriser et de déprimer les gens. Dans Home, il n’y a pas un visage, l’humain ne l’intéresse pas. Mais il est important que ces films existent.”

Son documentaire amène en tout cas une autre problématique. Quand la terre est menacée, ainsi le sont les femmes. Féministe, Coline Serreau la main-mise de l’homme en tant que mâle sur cette agriculture de masse, cette industrie surproductrice et polluante, qui va jusqu’à menacer cette terre nourricière autrefois protégée par les mains de ces paysannes dévouées. “ Quand j’ai fait Trois hommes et un couffin, c’était déjà une remise en question de cette société patriarchale”, se souvient la réalisatrice.

Les prochains projets de Coline Serreau resteront  tout aussi engagés, dans un autre registre. “J’écris à nouveau, ce sera une fiction, un film d’époque. Je prépare également un autre opéra pour l’Opéra Bastille à Paris avec une mise en scène de Manon de Jules Massenet, pour Natalie Dessay.”

Pour en savoir plus:

Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau, le 20 mars à 11 heures, à The Performing Arts Center de Purchase College. Plus d’informations sur www.focusonfrenchcinema.org ou au 203.629.3644.

http://www.solutionslocales-lefilm.com/

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