Subscribe

Collection Saint Laurent/Bergé aux enchères: “la vente du siècle” débute lundi à Paris

L’une des plus grandes collections privées actuelles, la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé est vendue la semaine prochaine à Paris, à l’occasion d’enchères attendues par les collectionneurs du monde entier attirés par la réunion en 50 ans d’oeuvres majeures.

Le produit de la “vente du siècle”, selon la formule répandue dans la presse, est estimé entre 200 et 300 millions d’euros. Parmi les oeuvres: Picasso, Brancusi, Matisse, Mondrian mais aussi des meubles Art Déco, des bronzes, des tapisseries…

Les amateurs pourront voir ces oeuvres samedi et dimanche (09h00-minuit) et lundi de 09h00 à 13h00. La vente aux enchères par Christie’s, en partenariat avec Pierre Bergé et Associés, aura lieu les 23, 24 et 25 février.

Pour réaliser la dispersion, il faudra le vaste espace de la nef du Grand Palais, un catalogue en cinq volumes – 1.800 pages, 10 kg, 200 euros – la présence tournante de huit commissaires-priseurs – six Christie’s, deux Bergé – 100 lignes de téléphone et 1.200 chaises pour les collectionneurs présents. Pour la prestigieuse première vente de lundi soir, elles sont toutes déjà réservées.

L’homme d’affaires Pierre Bergé, compagnon du couturier décédé le 1er juin, dit dans un préambule au catalogue se séparer “sans regret et sans nostalgie” des 733 oeuvres d’art qui seront dispersées.

L’argent récolté ira à la Fondation Bergé-Saint Laurent, où est rassemblée l’oeuvre du couturier, et à la recherche médicale, notamment sur le sida.

La collection, abritée dans les diverses demeures des deux hommes, a été assemblée par “coups de foudre” communs, dit M. Bergé. Après la mort du couturier, elle avait “perdu une grande partie de sa signification”, ajoute l’homme d’affaires qui “souhaite que tout ce que nous avons aimé avec tant de passion trouve place chez d’autres collectionneurs”.

Pour François de Ricqlès, vice-président de Christie’s France, la collection est “extraordinaire à tous les points de vue”, par la personnalité de ceux qui l’ont réunie, véritables “princes de la Renaissance”, ou la rareté de nombreuses pièces, conjuguée à leur état impeccable de conservation.

A leur provenance s’ajoutent la “provenance de la provenance” – les oeuvres sont passées par les mains de Jacques Doucet, Hubert de Givenchy ou Fernand Léger – et la “transversalité” d’une collection qui réunit tableaux modernes, mobilier Art Déco, bronzes baroques, argenterie ancienne, statues antiques, émaux, camées, minéraux, etc.

Sans compter le clou de la vente, un Picasso cubiste estimé 25-30 millions d’euros, mais aussi des Matisse, Chirico, Vuillard, Degas ou Ensor.

La première vacation du lundi soir, dédiée aux tableaux modernes, pèse à elle seule pour plus de la moitié du chiffre global d’estimation.

Ce dernier chiffre est resté “grosso modo le même qu’avant la crise. Il était déjà raisonnable”, dit M. de Ricqlès, qui concède que quelques prix ont été baissés, comme celui du Picasso (de 5 à 10 millions d’euros).

A l’annonce de la vente, des spécialistes avaient évoqué un chiffre pouvant atteindre les 500 millions.

Une des tapisseries de Sir Edward Coley Burne-Jones, “L’adoration des mages”, figurant dans la collection a étét finalement offerte par M. Bergé au musée d’Orsay.

“Le lot 93 est retiré de la vente. La tapisserie de Burne-Jones « L’Adoration des mages » est offerte par Pierre Bergé au musée d’Orsay”, a déclaré une porte-parole de Christie’s. Cette tapisserie, de 258 cm x 377,5 cm, est estimée entre 400.000 et 600.000 euros.

Seul accroc pour l’instant, un contentieux autour de deux pièces antiques chinoises, estimées chacune 10 millions d’euros. Des avocats chinois ont annoncé vendredi avoir entamé une procédure judiciaire en France pour empêcher la vente à Paris de deux bronzes de la collection provenant du patrimoine chinois.

Les avocats ont saisi un tribunal de Paris jeudi, à quelques jours des enchères de la collection, organisées par la maison Christie’s, a indiqué à l’AFP, Liu Yang, à la tête du groupe, fort, selon lui, de 90 avocats chinois.

La Chine réclame le retour de deux pièces: des têtes de rat et de lapin en bronze, pillées à Pékin il y a près de 150 ans au Palais d’été par les troupes franco-britanniques à l’occasion de la seconde guerre de l’opium.

Les têtes, évaluées entre 8 et 10 millions d’euros pièce, faisaient partie d’une fontaine à eau imaginée au XVIIIe siècle par le jésuite français Michel Benoist.

Pour le gouvernement chinois, “le droit de propriété de la Chine sur ces objets ne peut pas être remis en cause”.

Cependant, le droit international qui interdit le commerce illégal d’oeuvres d’art et de biens culturels n’est pas rétroactif et ne peut être appliqué dans le cas de biens volés dans les années 1860.

Retrouvez plus de photos sur le site de FranceToday.

Bookmark and Share

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related