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Conférence de paix : Clinton a donné le coup de grâce à l’offre de Paris

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, est en déplacement aux Etats-Unis. Il sera mardi au siège des Nations Unies. Il rencontrera le Président de l’Assemblée générale ainsi que le président du Gabon Ali Bongo. Hier il s’est entretenu avec Hilary Clinton qui a réduit à néant les ambitions d’une conférence de paix israelo-palestiniennes.

“Le sort de cette initiative a été scellé par les déclarations de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton”, a déclaré un haut responsable israélien.

Recevant lundi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, Mme Clinton a jugé prématurée la proposition d’une conférence de paix en excipant de la nécessité d’un important “travail préparatoire”. “Notre attitude actuelle est d’attendre et voir”, a-t-elle dit.

“De toute façon, l’idée d’une telle conférence n’aurait pu se concrétiser sans le consentement américain et un soutien massif d’Israël qui ont fait défaut”, a ajouté le responsable israélien sous couvert de l’anonymat.

“Israël, très réticent dès le départ devant l’initiative française mais ne voulant pas fermer la porte a priori, n’aurait envisagé sa participation à la conférence qu’à condition que Washington apporte des garanties”, a-t-il expliqué.

De son côté, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon s’est félicité des réserves de Mme Clinton, en relevant “la proximité de la position d’Israël avec la déclaration” de la secrétaire d’Etat.

Pour celle-ci, il faut d’abord “un retour aux négociations, qui demandera beaucoup de persuasion et de travail préparatoire, de manière à organiser une rencontre productive entre Israéliens et Palestiniens”, même si aucune perspective crédible de pourparlers n’est en vue.

Mme Clinton a reçu successivement lundi le négociateur palestinien Saëb Erakat puis l’émissaire israélien Yitzhak Molcho.

M. Juppé a dévoilé le 2 juin un projet de conférence de paix pour ouvrir des pourparlers selon les paramètres énoncés le 19 mai par le président américain Barack Obama: simultanément sur les frontières sur les bases des lignes de juin 1967 et sur les garanties de sécurité, puis sur Jérusalem et les réfugiés.

Cette idée de réunion, que Paris aimerait organiser dans les prochaines semaines, n’a jusqu’à présent vraiment suscité l’adhésion que du président palestinien Mahmoud Abbas.

Pour le politologue Eytan Gilboa, “Israël a toutes les raisons de se féliciter de la position américaine car il craignait d’être piégé dans une conférence internationale où il se serait retrouvé isolé”.

Selon cet universitaire proche des milieux gouvernementaux, la prise de position américaine est “venue après des consultations préalables avec Israël”.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a simplement fait savoir publiquement qu’il “soupesait” la proposition française et en “discuterait avec nos amis américains”.

M. Netanyahu a déjà clairement laissé entendre qu’il ne considérait pas les lignes de juin 1967 comme une base de négociation. Il exclut à ce stade tout retrait total de la Cisjordanie et exige, dans le cadre de tout accord de paix, de garder à long terme le contrôle de parties importantes de ce territoire.

Israël, qui n’a pas voulu opposer d’emblée une fin de non-recevoir à l’offre française mais sans jamais la soutenir, a toujours privilégié des négociations directes avec les Palestiniens sous l’égide des Etats-Unis.

Pour le chercheur Yossi Alpher, proche de l’opposition de gauche, “Netanyahu est certainement satisfait que Washington ait voulu garder le monopole de la négociation”.

En revanche, a-t-il noté, le chef du gouvernement israélien “ne se réjouit certainement pas d’une nouvelle tentative (américaine) de relance de ces discussions”, bloquées depuis septembre 2010, qui risque de faire apparaître Israël comme la partie la plus intransigeante.

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