Subscribe

Conférence internationale sur le sida : Bill Gates entre dans le débat

L’ex-président américain Bill Clinton et le milliardaire philanthrope Bill Gates sont entrés lundi dans le débat sur l’argent dévolu au sida, en plaidant tous les deux pour une utilisation plus efficace des fonds mobilisés en ces temps de crise économique.

“Nous devons diminuer le coût de l’aide”, a déclaré M. Clinton devant la 18e conférence internationale sur le sida à Vienne, qui accueillera d’ici à vendredi plus de 20.000 participants de 185 pays. L’ancien président assiste depuis 2002 à chacune des conférences internationales bisannuelles sur le sujet. “Dans beaucoup trop de pays, beaucoup trop d’argent va à trop de gens qui vont à trop de réunions, qui prennent trop d’avions pour faire trop d’aide technique”, a-t-il dit, insistant sur la nécessité d’un changement de stratégie, avec le soutien direct aux plans nationaux de santé des pays en développement.

Dans l’après-midi, le milliardaire philanthrope Bill Gates, co-président avec sa femme de la fondation Bill et Melinda Gates, a pris le relais en insistant lui aussi sur une “optimisation” des fonds existants. “Si nous continuons à dépenser nos ressources exactement comme aujourd’hui, notre capacité à traiter tous les malades va diminuer”, a-t-il prévenu. Si les coûts sont ramenés à 300 dollars par patient et par an, “nous pourrons traiter deux fois plus de personnes” avec le budget actuel, a souligné M. Gates, dont la fondation a consacré en 11 ans 2,2 milliards de dollars à la recherche et la prévention du sida. Comme M. Clinton, il a en particulier insisté sur le renforcement de méthodes comme la circoncision masculine, qui réduit de 50 à 60% le risque d’infection pour l’homme, et sur la prévention de la transmission mère-enfant. M. Gates a en outre lancé un appel à l’investissement dans la recherche, notamment pour l’élaboration d’un vaccin efficace, d’une pilule préventive et des microbicides. Avant son discours, des militants avaient envahi la scène pour réclamer l’introduction d’une taxe sur les transactions interbancaires de change -surnommée taxe “Robin”, comme “Robin des Bois”- afin de financer la lutte contre le sida. M. Gates s’y est montré peu favorable.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé a présenté ses nouvelles directives pour les traitements contre le sida, recommandant de commencer le traitement à un niveau plus bas d’infection, même si le coût peut paraître au premier abord dissuasif. Le nombre des personnes à traiter passerait ainsi de 10 à 15 millions, et le coût supplémentaire serait de deux milliards de dollars par an, pendant les cinq premières années. Mais après ont arriverait à un équilibre des coûts et des bénéfices, a dit l’OMS. Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, de retour d’un tour du monde pour mobiliser davantage les Etats, a rencontré Bill Clinton et devait rencontrer Bill Gates -dont la fondation fournit 100 millions de dollars par an depuis cinq ans au Fonds mondial-, pour discuter avec eux des meilleurs moyens de persuader les Etats d’augmenter leur contribution au Fonds. Le Fonds, un partenariat public-privé dont le siège est à Genève, souhaite lever entre 13 et 20 milliards de dollars pour la période 2011-2013.

Les Etats annonceront leurs contributions en septembre à New York. Enfin, l’Unicef a alerté l’opinion sur la situation alarmante des jeunes et des enfants séropositifs en Europe orientale et Asie centrale dans un rapport publié lundi à Vienne. Près de 80% des personnes récemment contaminées sont des jeunes de moins de 30 ans.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related