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Copé veut “briser un tabou” en dénonçant le “racisme anti-blanc”

Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, entend “briser un tabou” en dénonçant l’existence d’un “racisme anti-blanc” dans certains quartiers, dans son livre “Manifeste pour une droite décomplexée”, ce qui a suscité mercredi l’ironie au FN.

“Un racisme anti-blanc se développe dans les quartiers de nos villes où des individus – dont certains ont la nationalité française – méprisent des Français qualifiés de gaulois au prétexte qu’ils n’ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu’eux”, écrit M. Copé, le jugeant “tout aussi inacceptable que toutes les autres formes de racisme”. Dans ce livre qui paraît le 3 octobre, “je sais que je brise un tabou en employant le terme de racisme anti-blanc mais je le fais à dessein, parce que c’est la vérité que vivent certains de nos concitoyens et que le silence ne fait qu’aggraver les traumatismes”, souligne le secrétaire général de l’UMP, reprenant une thématique chère à la présidente du FN, Marine Le Pen.

Le parti d’extrême droite n’a pas tardé à réagir: “cela démontre que pour courtiser sa base militante et électorale, Copé est bien obligé d’adopter les thèses du Front national”, a lancé le secrétaire général du FN, Steeve Briois, ironisant sur un “Copé qui découvre l’eau chaude”. “Personne n’est propriétaire ni des mots ni des idées”, a répondu Jean-François Copé mercredi, répétant qu’il luttait contre “toutes” les formes de racisme et qu’il ne ferait jamais alliance avec le FN. “Ma volonté n’est pas de dénoncer telle ou telle forme de racisme mais d’apporter des réponses”, a réagi François Fillon, sans toutefois remettre en cause le constat de son rival.

A gauche, c’est la formule, issue de l’extrême droite, qui a été dénoncée. “J’ai eu ce genre de propos qui m’a été jeté au visage par ceux que l’on appelle des identitaires, des gens qui sont plus de l’extrême droite, qui revendiquent la défense des blancs”, a estimé mercredi François Rebsamen, chef de file des sénateurs PS.

Son constat, M. Copé le dresse fort de son expérience de député-maire de Meaux, ville de banlieue parisienne aux 53% de logements sociaux et aux dizaines de nationalités, où il se “cogne au réel” depuis 1995. “La diversité manque autant à Bobigny que dans le VIIe arrondissement de Paris”, quartier huppé dont M. Fillon est le député, “et, dans les deux cas, les minorité+ peuvent se sentir mal à l’aise”, lâche-t-il. M. Copé ne veut pas qu’on “ferme les yeux” sur ce “malaise culturel” même si, à ses yeux, c’est bien “le facteur social” qu’il est “le plus juste de prendre en compte dans les grands choix” politiques.

Revenant sur la polémique autour de la présence de drapeaux étrangers à la Bastille le soir de la victoire de François Hollande à la présidentielle, il regrette que cela n’ait pas soulevé “la réprobation générale” tant cet épisode est “révélateur d’un délitement de plus en plus inquiétant”. Louant souvent le “courage” et la “droiture” de Nicolas Sarkozy, M. Copé revendique une “solidité” à la Jacques Chirac, celui qui a triomphé en 1995 d’Edouard Balladur, malgré “sondages” et “barons”. Il rappelle que, le 18 novembre, les militants UMP ne choisiront pas leur “prochain candidat” à la présidentielle mais le “mécano en chef de la victoire aux municipales de 2014”. Lui veut incarner “une droite décomplexée”, à savoir “républicaine, moderne et libérée du politiquement correct” qu’imposerait la gauche.

M. Copé veut aussi “transformer l’UMP”, “premier parti” en nombre d’adhérents (280.000 revendiqués) en “parti de services” (soutien scolaire, aide à la recherche d’emploi, centrale d’achat…) “comme il y a un syndicalisme de services en Allemagne”. “L’UMP deviendrait ainsi le premier parti d’action civique. Tout en étant dans l’opposition, elle commencerait déjà à se rendre utile, à protéger les Français face à la crise”.

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