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Coup de filet dans les milieux islamistes radicaux en France

La police a placé en garde à vue 17 personnes et saisi des armes vendredi à l’aube dans les milieux islamistes radicaux en France, plus d’une semaine après la mort de Mohamed Merah, le tueur au scooter, a-t-on appris de sources proches de l’enquête.

Parmi les interpellés figure Mohammed Achamlane, leader de Forsane Alizza (“Les Cavaliers de la Fierté”), un groupe salafiste radical dissous en février par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui l’accusait de préparer à la lutte armée. Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy a expliqué que ce coup de filet était “en lien avec une forme d’islamisme radical”. Ce type d’opérations “va continuer”, a-t-il prévenu au lendemain de l’inhumation de Merah, qui a assassiné au nom d’Al-Qaïda trois parachutistes puis trois enfants et un père juifs, les 11, 15 et 19 mars à Toulouse et Montauban.

Selon un haut responsable policier, “une centaine” d’islamistes radicaux sont dans le collimateur. Dix-neuf personnes, dont trois femmes, ont été interpellées : cinq en Ile-de-France, quatre dans la région nantaise, quatre également dans l’agglomération lyonnaise et autant en Provence-Alpes-Côte d’Azur et deux à Toulouse.

Selon Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, ce coup de filet a conduit à la saisie d’armes, notamment des kalachnikov. Ce serait en particulier le cas sur le lieu de l’interpellation de Mohammed Achamlane, a affirmé une source policière.

“Coup de filet électoraliste”

Tandis que le Front national a jugé que cette opération “s’apparentait à un coup de filet électoraliste”, Claude Guéant a refusé d’y voir une “opération de communication” après les critiques visant la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour sa surveillance de Mohamed Merah. Cette opération a été menée par la DCRI et la section antiterroriste (SAT) de la police judiciaire parisienne qui agissaient sur commission rogatoire des juges antiterroristes parisiens Nathalie Poux et Marc Trévidic dans le cadre d’une information judiciaire pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ouverte début mars. L’enquête préliminaire avait été ouverte en octobre 2011 sur des renseignements de la DCRI, a-t-on précisé.

Quand il l’avait dissous, Claude Guéant avait accusé Forsane Alizza de vouloir former ses sympathisants à la lutte armée, de porter “atteinte aux principes républicains” et de vouloir “le règne de l’islam” en France. Son leader Mohammed Achamlane avait démenti toute dimension violente de son mouvement, surtout adepte des actions spectaculaires.

Sur son site, depuis fermé, le groupuscule affirmait toutefois : “Notre organisation prend de l’ampleur et nous avons besoin de main d’oeuvre fissabililah (ndlr: “sur le chemin d’Allah”). Nous recherchons toutes sortes de compétences mais surtout des soldats !”. Interrogé par l’AFP au moment de la dissolution, Mohammed Achamlane, qui se fait appeler Abou Hamza, avait alors prévenu qu’il n’excluait pas la lutte armée à l’avenir : “C’est possible, si l’islamophobie s’intensifie de jour en jour.”

Ces interpellations interviennent au lendemain de l’inhumation de Merah en banlieue toulousaine, en présence d’une trentaine de jeunes de son quartier et en l’absence de la famille du tueur au scooter. Merah avait été tué le 22 mars au terme de 32 heures de siège par le Raid de l’appartement toulousain où il s’était retranché.

Son frère aîné, Abdelkader Merah, 29 ans, figure connue à Toulouse de l’islamisme salafiste radical, a été mis en examen et écroué, soupçonné de complicité dans ces assassinats. Sans qu’il soit mis en examen, son nom était apparu dans l’enquête qui avait conduit au démantèlement en 2007 d’une filière d’acheminement de jihadistes en Irak.

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